Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur principal

Michel Morandin

Victime du devoir le 28 janvier 1988

Département

Var (83)

Affectation

Toulon (Police Judiciaire)

Partagez

Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Jeudi 28 janvier 1988. Des inspecteurs du Service Régional de la Police Judiciaire se rendent dans un hôtel du centre ville de Toulon (Var) dans le cadre d’une enquête pour tentative d’homicide volontaire. Deux clients d’un établissement de nuit s’y étaient querellés deux jours plus tôt avec un inconnu accompagné de deux jeunes femmes ; après avoir brisé le nez du premier, l’inconnu au fort accent italien exhibait une arme de poing, tirait et blessait le second ; atteint à la moelle épinière, ce dernier ne remarcherait jamais.

Connues dans le milieu de la prostitution, les deux jeunes femmes aperçues avec l’auteur des coups de feu ont rapidement été identifiées : il s’agit de deux sœurs logées à l’hôtel Prémar. Deux policiers montent jusqu’au premier étage, chambre N°7, où ils ne trouvent qu’une seule d’entre elles.
Dix minutes d’interrogatoire s’écoulent lorsqu’ils remarquent la présence d’un jeune homme qui les observe en silence depuis l’entrée de la chambre. Alors qu’ils indiquent leur qualité, l’individu change brutalement d’expression, saisit une arme de poing et tire à deux reprises avant de prendre la fuite. L’inspecteur divisionnaire Claude Aïazzi est frappé par deux projectiles au ventre et à l’épaule.
Dans le même temps, l’inspecteur principal Michel Morandin, trente-huit ans, blessé également à la jambe par l’un des projectiles, tente néanmoins de poursuivre l’individu. Déséquilibré par sa blessure, le policier chute dans les escaliers. Le tireur revient, s’empare de l’arme du policier et l’exécute froidement. Il finit par prendre la fuite dans une Alpha Roméo. Dès le lendemain de la fusillade, le logement du tueur est découvert dans la même commune grâce aux témoignages des jeunes femmes au 42 rue Nicolas-Laugier. De multiples indices sont retrouvés sur place : armes, nombreux recels de vols avec effraction et la photo du tueur sur plusieurs papiers d’identités contrefaits. La police judiciaire relie ce malfaiteur à une série de rapts, parfois suivis de meurtres, de cambriolages et de vols à main armée commis entre les Alpes et la Suisse. Il s’agit d’un fugitif schizophrène de nationalité italienne : Roberto Succo, vingt-six ans, lequel s’est effectivement évadé en 1986 de l’hôpital psychiatrique où il était interné après avoir commis un parricide. Il est également identifié comme le meurtrier du brigadier de police André Castillo, retrouvé assassiné près d’Annecy en 1987.

Le 28 février, avec le concours des polices suisses et italiennes, Succo est interpellé dans la banlieue de Trévise en Italie alors qu’il tente de fuir un contrôle de police. On retrouve dans le véhicule avec lequel il était intercepté le Smith & Wesson 38 spécial de l’inspecteur Morandin.

Le 9 mai, Succo est de nouveau interné à l’hôpital psychiatrique de Reggio-Nell’Emilia, après un refus des autorités italiennes de procéder à son extradition en France.Le 23 mai de cette même année, jamais jugé ou confronté à ses crimes, Succo se suicide dans sa chambre d’internement, entrainant de facto la fin de l’action publique.

Biographie

Corps

Corps des inspecteurs de police

Type d'unité

Unité d'investigation

Né le 1er décembre 1949 à Toulon (Var. Marié, père de deux enfants.

Nommé Commissaire de police à titre posthume, la ville de Toulon lui rend hommage en baptisant la voie desservant l’actuel Hôtel de Police à son nom.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de nous contacter.

Sources et références

Le Monde du 30/01/1988, « Fusillade à Toulon: un policier tué, un autre grièvement blessé »
Le Monde du 11/02/1988, « Le meurtrier du policier toulonnais identifié »
Le Monde du 01/03/1988, « Roberto Succo a été arrêté dans la banlieue de Trévise »
Le Monde du 19/05/1988, « Roberto Succo est déclaré irresponsable par les psychiatres italiens »
Le Monde du 25/05/1988, « Le suicide en prison de Roberto Succo […] »

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