Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Sous-brigadier de police

Frank Labois

Victime du devoir le 13 janvier 2020

Département

Rhône (69)

Affectation

Lyon

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interception de véhicule

Arme utilisée

Homicide avec arme par destination

Dans la nuit du vendredi au samedi 11 janvier 2020, le groupe d’appui opérationnel de la Sûreté Départementale du Rhône vise l’interpellation de malfaiteurs soupçonnés d’être à l’origine de nombreux vols aggravés commis en bande organisée dans la région. Les policiers très expérimentés repèrent les rôdeurs répartis dans une Renault Mégane et un fourgon Volkswagen, et les surprennent en flagrant délit de vol de fret commis sur une aire de repos de l’autoroute A43, entre les sorties N°6 et N°7 près de la commune de L’Isle-d’Abeau (Isère).

Pris en filature jusque sur le boulevard périphérique de l’agglomération lyonnaise, vers deux heures du matin, le fourgon est intercepté sur la bretelle de sortie menant à la Route de Genas à Bron (Rhône). Alors que le fourgon est bloqué par l’avant, il effectue une manoeuvre brutale en marche arrière et percute un véhicule de police placé en opposition. Le conducteur manoeuvre de nouveau rapidement en marche avant et vient percuter un gardien de la paix qui s’était extrait d’un véhicule d’intervention. Déterminé à échapper à son arrestation, le conducteur force le barrage et parvient à prendre la fuite, après avoir encore écrasé le policier qu’il venait de projeter suite au choc.

Alors en arrêt cardiaque, le sous-brigadier Frank Labois, quarante-cinq ans, est transporté aux urgences de l’hôpital Edouard-Herriot avec un important traumatisme crânien ; il est par la suite admis à l’hôpital neuro-cardiologique de Bron avec un pronostic vital qui ne laissait guère d’espoir.

Vers trois heures et demie du matin, un équipage de la brigade anticriminalité procède à l’interpellation du conducteur de la Renault Mégane.

Le 13 janvier, à 16h35, Frank Labois succombe à ses blessures sans jamais avoir repris connaissance, entouré par sa famille et soutenu par de nombreux collègues rassemblés.

Une enquête distincte pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique est confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon.

Le 15 janvier, à Bron, l’un des passagers du fourgon est interpellé dans le quartier de Terraillon ; il s’agit d’un mineur de quinze ans ; mis en examen pour vol suivi de violence ayant entraîné la mort en bande organisée, et placé en détention provisoire.

Le lendemain, à Lyon 8e, la brigade de recherche et d’intervention interpelle le conducteur du fourgon dans le quartier des Etats-Unis. Originaire de Vaulx-en-Velin, Fares D., vingt-et-un ans, est un malfaiteur très défavorablement connu des services de police. Il est mis en examen pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique et vol suivi de violence ayant entraîné la mort en bande organisée, et placé en détention provisoire.

Le 29 janvier, un troisième suspect, Hassan A., vingt ans, est interpellé fortuitement au cours d’une perquisition dans le cadre d’un trafic de stupéfiants dans un domicile de Vernouillet (Eure-et-Loir) où il s’était réfugié.

Biographie

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité d'investigation

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Croix de la Légion d'Honneur

Né le 13 novembre 1974 à Reims (Marne) [1] ; en union libre.

Policier bienveillant, d’une extrême gentillesse, il distillait sa discrétion avec beaucoup d’humour ; humble, disponible et loyal, son esprit de cohésion était très apprécié de ses pairs.

Motard épris de Harley-Davidson, passionné d’aéromodélisme et de voitures américaines de collection, il pratiquait également le hockey sur glace chez Les Sentinelles sous le numéro 57 (pour la Moselle).

Entré dans l’administration en 2005, il obtenait un premier poste à Metz, où il a passé toute son enfance, d’abord à l’unité d’assistance administrative et judiciaire, puis en section d’intervention.

En 2008, il était muté à sa demande à Lyon où il intégrait successivement le groupe de sécurité de proximité de la division centre, puis de la division est ; en 2011, il intègre la police-secours puis la sûreté urbaine dans le secteur difficile du 8e arrdt.

Depuis le 19 décembre 2017, il avait rejoint avec enthousiasme le groupe d’appui opérationnel de la sûreté départementale du Rhône.

Victime du devoir, Frank a payé de sa vie son implication totale au service des citoyens.

Cité à l’ordre de la Nation [2] ; élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume [3] ; médaille d’Honneur de la Police Nationale ; médaille des actes de courage et de dévouement, échelon or ; médaille de la sécurité intérieure, échelon or.

Sources et références

[1] Fichier des personnes décédées en France / [2] JORF n°22 du 27/01/2020, texte n°37 / [3] JORF n°0035 du 11/02/2020, texte n°2 / Actu17 du 29/01/2020,  » […] un 3e suspect interpellé dans l’Eure et Loir » / Actu17 du 21/01/2020,  » […] le meurtrier Fares D. déjà bien connu des services de police » / Le Progrès du 17/01/2020, « Lyon : hommage a été rendu à Franck Labois, le policier tué à Bron » / Le Progrès du 14/01/2020, « Tué par un malfrat, Franck était un super flic » / Le Républicain Lorrain du 13/01/2020, « Franck Labois […] était originaire de Metz » / Le Progrès 12/01/2020, « Bron : le policier renversé est dans un état critique » / France_Info 12/01/2020, « Interpellation à Lyon, un policier renversé par un fourgon »

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  1. Je me rappellerai jusqu’à la fin de mes jours de ce matin de janvier où j’ai regardé un groupe whatsapp qui annonçait cette mauvaise nouvelle d’un collègue à terre appartenant au GAO. J’ai eu cette hantise et j’ai eu du mal à le croire, c’était toi mon pote, j’ai toujours eu cet espoir mais malheureusement tu nous a quitté en faisant ton devoir. Du mal à accepter la réalité, encore aujourd’hui c’est parfois compliqué, je ne t’oublierai jamais mon pote. Je suis fière d’avoir croisé ta route et d’avoir travaillé avec toi, on a eu de bonnes rigolades.

    Tu nous manques.

    Repose en Paix mon ami.

  2. Un ami, un frère, notre viking nous manque sur la glace. Tu resteras dans nos cœurs.

  3. Je me rappellerai toute ma vie de ce coup de téléphone à 7h du matin d’une ancienne collègue qu’on avait en commun au 8eme…
    J’étais avec des amis à l’airsoft ou tu venais souvent… où tout le monde te connaissait… coup de massue pour tout le monde…

    Toutes ces heures passées à discuter dans ton bureau avec Azouz… en esquivant l’oeil de Sauron (le Major V.)… Putain on se marrait quand même…

    Je suis honoré d’avoir croisé ton chemin.. toi un peu le grand frère que je n’ai jamais eu…

    Merci beaucoup pour tout… mon frère!!
    Tu nous manques…

    Reposes en paix

  4. Quelle chance de t’avoir connu Frank. La nouvelle de ta disparition brutale a été un véritable choc. Tu étais quelqu’un de sincère, d’humble, qui ne tenait jamais de discours amers sur ce métier pourtant tant décrié, si souvent décourageant. Ton humour et ta bonne humeur vont nous manquer. Repose en paix.

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