Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Sous-brigadier de police

Christian Simoens

Victime du devoir le 31 mars 1999

Département

Nord (59)

Affectation

Bailleul

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Mercredi 31 Mars 1999. Vers 2h30 du matin, un riverain vigilant signale la présence d’un individu qui rôde autour de son véhicule en stationnement sur la Place Charles de Gaulle à Bailleul (Nord).

Deux gardiens de la paix en tenue arrivent rapidement sur les lieux et perçoivent des mouvements suspects dans un fourgon Mercedes. Un individu se trouve effectivement à l’intérieur, vêtu d’un treillis de commando, coiffé d’un bonnet sombre et maquillé tout de noir. Visiblement bien préparé et expérimenté, il n’hésite pas un seul instant à tirer à bout portant en direction des deux policiers qui se présentent à la proximité immédiate du camion au moyen d’un fusil à pompe.

Le gardien de la paix Christian Simoens, quarante-quatre ans, est touché mortellement en pleine poitrine. Le gardien de la paix Michel Walczak applique trois tirs pour neutraliser le malfaiteur, en vain. Ce dernier fait à nouveau feu dans sa direction et parvient à prendre la fuite dans une Volkswagen Golf. Il laissait sur place deux cartouches de fusil, un couteau commando qui porte les mystérieuses initiales « ROKA » et emportait un butin bien maigre : deux bouteilles de vins, un porte-clefs, un autoradio.

Le Service Régional de la Police Judiciaire de Douai est chargé de l’enquête par le Procureur de la République d’Hazebrouck pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle s’annonce rude et piétine les deux premiers mois. les policiers s’orientent d’abord vers les milieux paramilitaires et terroristes. Les cicatrices laissées par l’affaire du gang de Roubaix sont encore bien présentes. Les policiers ont quelques pièces du puzzle, mais ils ne parviennent pas à identifier l’auteur. Mille sept cents propriétaires de Golf sont ainsi interrogés ; les réseaux paramilitaires et supposés terroristes sont passés au crible dans la région. En vain.

Une note de recherches diffusée par delà les frontières attire néanmoins l’attention d’un inspecteur de la police judiciaire de Bruges en Belgique. Le 22 Avril, il avait contribué à l’arrestation d’un jeune homme demeurant à Dranouter, près de la frontière française. Ronny Arnout, vingt-huit ans, avait alors été intercepté en flagrant délit de vol d’un engin de levage sur un chantier. A son domicile, les policiers avaient découvert un fatras d’objets hétéroclites dont le détail aura de l’importance.

Le policier belge se rappela que ce suspect, au casier judiciaire chargé, était porteur au moment de son arrestation d’un treillis militaire, tout comme le meurtrier du gardien de la paix Simoens. Il reprit le dossier de Ronny Arnout. Il comprit avec stupéfaction que les initiales des prénoms et du nom de Rudy Oskar Kornelus Arnout correspondaient à la mystérieuse inscritption « ROKA » retrouvée sur le manche du couteau abandonné près du corps du policier !

Le 25 mai, le Service Régional de la Police Judiciaire se rend sur commission rogatoire à la maison d’arrêt de Ypres (Belgique), où Arnout, vingt-huit ans, est toujours en détention préventive. Une ultime vérification permit d’acquérir la certitude que le jeune flamand était bien le meurtrier du policier nordiste : parmi les objets retrouvés à son domicile figuraient ceux dérobés dans la camionnette de Bailleul.

Arnout dicte des aveux circonstanciés et reconnait indirectement le meurtre du gardien de la paix. Mais il est de nationalité belge, et la Belgique pas plus que la France n’extrade ses nationaux.

Le 11 octobre 2002, la cour d’assises de Flandre Occidentale sise à Bruges ouvre le procès de Ronny Arnout, déjà arrêté à dix reprises entre 1995 et 1999 pour des cambriolages. Arnout prétend que c’est en voulant s’échapper de la camionnette qu’un coup de feu accidentel serait parti, « sans intention de tuer le policier ». Cette thèse ne convint absolument personne. Après une semaine d’audience, le meurtrier du gardien de la paix Simoens est condamné à trente ans de réclusion criminelle.

Cependant, dès le mois d’avril 2012, Arnout bénéficie d’une libération conditionnelle ; et en novembre de la même année, il incendie volontairement sa maison individuelle en créant une explosion de gaz dans son garage. Geste qu’il interprète comme une tentative de suicide.

En février 2015, Arnout est condamné pour « incendie criminel » et « mise en danger de la vie d’autrui » à une peine de deux ans de prison et six cents euros d’amende par le tribunal d’Ypres (Belgique).

Biographie

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité de Voie Publique - Service Général

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Décoration de la Légion d'Honneur

Né le 16 mai 1954 à Lille (Nord) ; marié, père de trois enfants. Entré dans la police en 1978.
Cité à l’ordre de la Nation [1] ; élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur [2] ; promu Lieutenant de police à titre posthume ; médaille d’Honneur de la Police Nationale ; médaille d’or des actes de courage et de dévouement.
Page réalisée avec l’aimable autorisation de sa famille.

Sources et références

[1] Journal officiel du 10/04/1999, page 5314, « Citation à l’ordre de la nation » / [2] JORF n°135 du 13 juin 1999 / Journal télévisé du 31/03/1999, « Reportage à la 42ème minute » / La Voix du Nord du 05/04/2009, « 31 Mars 1999, Christian Simoens, policier bailleulois, était abattu en pleine rue » / Le Soir du 26/05/1999 , « Le meurtrier d’un policier français arrêté à Ypres » / Le Soir du 12/10/2002 , « Il avait abattu un policier français » / HLN Nieuws du 16/12/2014 , « Le meurtrier d’un policier en procès pour un incendie criminel » / HLN Nieuws du 17/02/2015 , « Deux ans de prison pour incendie criminel' »

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