Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Bernard Roussarie

Victime du devoir le 18 avril 1982

Département

Charentes-Maritimes (17)

Affectation

La Rochelle (CRS N°19)

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Guerre ou terrorisme

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Vendredi 19 mars 1982. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme basque, la Compagnie Républicaine de Sécurité N°19 de La Rochelle (Charente-Maritime) est cantonnée depuis un mois à Saint-Etienne-de-Baïgorry dans les Pyrénées-Atlantiques pour assurer la surveillance des routes et des chemins, en renfort de la Police de l’Air et des Frontières. Effectivement, depuis la fin des années 1970, l’organisation clandestine armée IparretarraK, qui lutte pour l’autonomie du pays basque depuis 1973, intensifie ses actions en utilisant des explosifs et des armes contre les symboles de l’État français.

Vers neuf heures et demie du soir, deux gardiens de la paix quittent le cantonnement de la C.R.S. pour effectuer une patrouille portée vers le col d’Ispéguy, situé sur la frontière franco-espagnole à 8 kilomètres de là. Alors qu’ils empruntent la Gaineko Karrika, ils tombent dans une embuscade. Des hommes en treillis militaires surgissent du bord de la route depuis un véhicule en stationnement ; ils tirent avec des pistolets-mittrailleurs type Sten MKII, calibre 9mm avant de prendre la fuite. Les policiers ont été atteints par trois rafales successives de projectiles. Le gardien de la paix Jackie Bouyer, trente-et-un ans, qui a tenté en vain de forcer le barrage, est atteint à la tête. Il décède dans la nuit à l’hôpital de Bayonne.
Le gardien de la paix Bernard Roussarie, trente-quatre ans, est au plus mal : atteint par neuf projectiles et paralysé par une blessure à la colonne vertébrale, il est transporté à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux. Le 18 avril suivant, ce dernier succombe à une embolie pulmonaire consécutivement aux graves blessures qu’il a reçu pendant l’attentat. Après être sorti du coma, avec le concours des services de l’identité judiciaire, il avait néanmoins pu reconnaître sans hésitation l’auteur des coups de feu : Philippe Bidart, considéré comme le chef historique d’IK. Cinq jours avant, il venait d’épouser Martine alors qu’il se trouvait toujours sur son lit d’hôpital, fortement handicapé. Il avait trois enfants.

Bidart, vingt-huit ans, dont la maison natale n’est située qu’à quelques pas des lieux de la fusillade est par ailleurs reconnu comme étant l’auteur d’un braquage d’une banque à Saint-Paul-lès-Dax dans les Landes en novembre 1981 ; ce baïgorriard entré rapidement dans la clandestinité est désormais activement recherché sur l’ensemble du territoire.

Alors que l’Espagne n’est qu’à une poignée de kilomètres, via le col d’Ispéguy, les forces de l’ordre quadrillent le village pendant plusieurs jours. De Baïgorry à Banca, la montagne est passée au peigne fin. On y retrouve le véhicule ayant permis la fuite, abandonné par les terroristes. Le 7 août 1983, Bidart et trois complices sont interceptés à bord d’un véhicule par une brigade de la gendarmerie de Montfort près du camping municipal de Léon. Le gendarme Yves Giummara, trente-deux ans, est tué lors de leur confrontation armée. Son équipier, le gendarme Jean-Pierre Plouzot est grièvement blessé. Les malfaiteurs prennent la fuite.

Le 25 août 1987, Bidart et sa compagne Lucienne Fourcade font l’objet d’un contrôle de gendarmerie au lieu-dit Port-Maguide, près de Biscarosse. Ces derniers sont mêlés aux vacanciers mais leur Renault 4L immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques a fini par attirer l’attention. Bidart tue le gendarme Roger Buschmann et blesse grièvement le maréchal des logis Guy Chevanton. Le couple prend la fuite.
Le 20 février 1988, après sept années de cavale, la gendarmerie interpelle Bidart au Vieux-Boucau en compagnie de quatre autres membres de l’organisation terroriste.

Le 12 novembre 1992, la cour d’assises spéciale de Paris condamne Bidart à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour les meurtres des gardiens de la paix Bouyer et Roussarie ; faits qu’il a toujours nié.

Le 9 Juin 1993, Bidart est condamné à la réclusion criminelle dite à perpétuité par la cour d’assises spéciale de Paris, pour le meurtre du gendarme Buschmann en 1987. Fourcade, vingt-neuf ans, est condamnée à cinq ans de prison dont quatre avec sursis, pour complicité du vol avec arme de la voiture de touristes allemands avec laquelle le couple avait pris la fuite à Biscarosse. La jeune femme ne retournera pas en prison, sa peine ayant été confondue avec celle de quatre ans dont trois avec sursis, déjà exécutée, que lui avait infligé, en mars 1991, le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs.

Le 2 Avril 2000, Bidart et son complice Gabriel Mouesca sont condamnés respectivement à vingt ans et quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre du gendarme Giummara en 1983.

Le 14 Février 2007, Bidart bénéficie d’une libération conditionnelle. Depuis 2010, il est désormais de retour dans la région basque, actif au sein du parti politique nationaliste basque Ipparalde.

Biographie

Administration d'emploi

Compagnies Républicaines de Sécurité

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité de l'Ordre Public - Sécurité Routière

Né le 17 novembre 1947 à Bordeaux (Gironde). Marié, père de trois enfants.

Sources et références

Entretien avec Sébastien Roussarie (fils)
Sud-Ouest du 19/03/2012 : « CRS rochelais assassinés : un si douloureux anniversaire »
Sud-Ouest du 19/03/2012 : « Il y a 30 ans, deux CRS rochelais étaient assassinés au pays basque »
La Dépêche du 15/02/2007 : « Bidart libéré, déjà la polémique »Journal télévisé du 20 Mars 1982 (évènement en Une) Obsèques solennelles à La Rochelle – 23 Mars 1982 (archives vidéos, JT Antenne 2, voir à 8mn)

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