Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur de police

Richard CAMPION

Victime du Devoir le 23 décembre 1976

Département

Aisne (02)

Affectation

Sécurité Publique — Château-Thierry

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Circonstances

Cause du décès

Homicide par arme à feu

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Au cours de la soirée du 23 Décembre 1976, le personnel d’un supermarché situé sur l’Avenue d’Essômes à Château-Thierry (Aisne) était victime d’une attaque à main armée.

Quatre malfaiteurs masqués et violents se faisaient remettre la recette des achats de Noël, tandis qu’un équipage de police, composé d’un inspecteur stagiaire et de deux jeunes gardiens de la paix, arrivait sur place.

Ces derniers avaient déjà été avisés de la présence d’un véhicule suspect aux abords du commerce.

Alors qu’il entrait courageusement le premier dans l’établissement pour jauger la situation, l’inspecteur de police Richard Campion, vingt-cinq ans, était victime d’un tir de pistolet-mitrailleur. L’un des malfaiteurs venait lui dérober son arme : un simple pistolet automatique 7,65mm.

Pour oter toute initiative aux policiers restés à l’extérieur, les malfaiteurs prenaient en otage une jeune réceptionnaire et fuyaient à bord d’un véhicule Citroën SM, non sans avoir tiré à plusieurs reprises en direction des deux agents.

Atteint par plusieurs projectiles, le policier blessé était transporté inconscient aux urgences de l’hôpital de la ville et succombait dans la nuit.

L’otage fut récupérée au commissariat de Vincennes, où elle se présentait en état de choc.

En février 1977, dans le cadre d’une enquête pour vols qualifiés, des effectifs de la 11e brigade territoriale de la police judiciaire procédaient à l’interpellation incidente de Mohamed Mokeddem, ainsi que trois complices, dans un appartement de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.

Les policiers découvraient que Mokeddem était en possession de l’arme administrative volée à l’inspecteur Campion.

Outre d’importantes sommes d’argent et des bijoux, la perquisition menée au domicile des complices à qui il venait rendre visite permit de retrouver également le pistolet mitrailleur Sten calibre 9mm ayant servi à Château-Thierry.

Mokeddem écopera de dix-huit ans de réclusion criminelle (date d’audience, tribunal saisi et noms des complices ignorés).

Biographie

Direction d'emploi

Sécurité Publique

Corps

Inspecteurs — Enquêteurs

Type d'unité

Unité d'Investigation et de Recherche

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Né le 10 février 1951 à Avranches (Manche). Marié, père d’un enfant.

Cité à l’ordre de la Nation ; médaille d’Honneur de la Police Nationale ; médaille des actes de courage et de dévouement, échelon or.

Page réalisée avec l’aimable approbation de sa fille.

Sources et références

BODMR n° 03 du 10/02/1977 — Journal officiel du 26/12/1976, page 7461 — “Condé, un flic à la PJ” de Pierre Folacci, éd. La Manufacture des Livres — Journal télévisé du 24/12/1976, brèves à 17’mn30 – lien direct — Le Monde, article du 22/02/1977, “Des armes démilitarisées saisies chez un malfaiteur” — Le Monde, article du 25/12/1976, “Un policier est tué au cours d’une attaque à main armée” — Le Monde, brèves du 29/12/1976, “Faits divers”

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  1. A l’attention de Nathalie: bonjour, je suis le gardien de la paix qui accompagnait votre papa Richard lors de son assassinat le 23 decembre 1976. Mes souvenirs sont intacts. Je vous adresse tout mon respect et toute mon amitié. Le tireur m’a epargné. Pourquoi ?? et pas votre papa…..

  2. En 1976, j’avais deux ans de “Maison”, né en décembre 1951. En regardant dans mon rétroviseur, je me rappelle de situations où j’aurais pu être victime de malfrats. Oui, le mal existe depuis bien longtemps: enfant, mon père étant flic avant moi, s’il était en retard, petite panique au foyer…C’était alors la guerre d’Algérie tourmentant aussi la province de la métropole…Vous avez raison de rappeler ce papa à ne pas oublier ! Je n’ai pas connu mon GP paternel tué en 1944 sur une mine allemande piégée; mais je sais bcp sur lui et ai des photos.. Pourquoi cette mine piégée ? Les allemands ont su qu’il avait été avisé d’un attentat des FFI qui a détruit l’arrivée d’électricité sur un grand secteur..Ma pleine solidarité à votre famille :

  3. Je ne connaissais pas cette histoire j ai 70 ans. En 1976 j étais à l armée service militaire. Je pense que finalement rien à changer les malfrats sont de plus en plus dangereux nos gendarmes et policiers sont des cibles faciles et helas la justice est très souvent trop gentille avec ces voyous qui n hésitent pas à tuer nos gendarmes et policiers. Je vous adresse mon amitié et je suis sûr que vous et votre famille feront perturer le souvenir de votre mari qui est décédé pendant son service. Honneur à vous et soyer forte nous sommes de tout cœur avec vous.

  4. Je suis chef de la circonscription de Police de Château -Thierry depuis 2023. La photo de Richard trône toujours dans notre commissariat, nouveaux locaux. Personne ne l’a oublié. Nathalie et Jean-Louis, nous serions honorés de vous recevoir si vous êtes toujours dans le périmètre.

  5. …. 23 décembre 1976….
    Bientôt 50 ans que Richard nous a quittés…!
    Oui, Nathalie, tu peux être fière de ton papa auquel je pense souvent. Il est un exemple…
    J’apprends en te lisant que ta maman est décédée… Je me souviens bien d’elle, et en particulier de cette journée où nous nous sommes rendus ensemble, avec mon directeur départemental, à l’école des inspecteurs à l’occasion de la sortie de la promotion qui portait son nom…..
    J’ai 84 ans aujourd’hui mais je conserve toujours certains souvenirs……!
    Jean-Louis GONON – chef de la circonscription de police de Château-Thierry de 1971 à 1996

  6. Je suis l’un des policiers de la 11ème BT qui a procédé à l’époque à l’interpellation de Mokeddem Mohamed et de ses complices à Clichy sous Bois. Je consacre quelques pages à cet événement dans mon livre de souvenirs
    « Condé un corse à la PJ » sorti en juin 2025. Si les participants au meurtre de Richard ont été interpellés ce jour-là, le tireur ne l’a jamais été car en fuite en Algérie. Je suis « heureux » de pouvoir mettre un visage sur le nom de ce collègue, cette affaire m’a longtemps hanté au long de ma carrière… Paix à son âme courageuse et toute ma compassion à sa famille.

  7. Je me souviens de votre papa. Quelques jours avant ce drame il était venus chez mes parents avec l’inspecteur Mr Dechelle. J’étais jeune, j’avais a peine 16 ans, c’etait pour des papiers administratifs. Il était super sympa et humain. Une personne pourrait en parler M Serouart, mais il est âgé, 91 ans, ancien gardien de la paix au commissariat de Château-Thierry. Mon père s’en souviens à ce jour il a 92 ans. M. Campion venait d arriver, 1976, je me souviens. Je vous comprends ! 🙏

  8. Après la lecture je voulais témoigner pour votre courage, pour cet hommage envers votre papa 💕, malheureusement 🤔 des policiers, gendarmes sont tués par des gens sans scrupules !
    Nous sommes en 2026, rien à changer, même pire pour ces policiers et gendarmes ! Je vous souhaite pleins de belles choses avec vos enfants ❤️ ! Encore merci pour ce témoignage madame !

  9. A travers cet acte exemplaire d’un collègue ancien inspecteur c’est toute la police qui est à l’honneur. Richard a donné sa vie parce qu’il aimait son métier et surtout qu’il avait la volonté de protéger son prochain. C’est devenu un métier de plus en plus risqué et exigeant. Courage aux policiers d aujourd’hui et de demain.

  10. Honneur et respect à ce policier assassiné en service. Merci de faire perpétuer son souvenir pour sa fille, famille et amis.

  11. L’auteur aurait dû mériter la peine de mort, surprenant pour l époque, surtout sur un fonctionnaire de Police. RIP

  12. Je suis la fille de Richard. Je n’ai malheureusement aucun souvenir de mon père car je n’avais que quelques mois au moment de son assassinat.
    Je me demande souvent ce qu’aurait été ma vie s’il avait été près de moi.
    Ma mère ne s’est jamais remise de sa mort, il était l’homme de sa vie.
    Elle est décédée à son tour en 1997 des suites d’un cancer.

    J’ai moi-même 3 filles et je leur parle régulièrement de «Papy Richard ».
    Je tiens à ce qu’elles sachent qu’elles avaient un grand-père courageux.

    Je vous remercie pour vos témoignages qui me vont droit au cœur.
    Et aux acteurs de ce Mémorial (en particulier Thomas).
    Nathalie

  13. Richard était élève-sous-officier d’active dans ma section en octobre 1970 (10éme compagnie/section Ltn Busch -Ecole d’application de l’infanterie à Montpellier). C’était mon ami et camarade, on s’était revus lorsqu’il avait été affecté au Centre d’entrainement Commando de Margival.
    Normands et Manchots tous les 2, j’étais de Réville..j’ai découvert très tardivement le drame..je l’appréciais énormément comme tous les gens de la section. Quelle perte et quelle tristesse !! je pense à sa famille avec une grande émotion.
    Colonel (ER) Louis Pignot

  14. 46 ans sont passés depuis cette soirée du 23 décembre 1976.
    Chef de la Circonscription de Police de Château-Thierry pendant 25 ans, j’étais alors son chef de service ; jeune Inspecteur, il venait d’être affecté à mon Commissariat ; il avait toutes les qualités pour faire une belle carrière dans la Police Nationale et il a été victime de son courage ! Je ne l’oublierai jamais…….
    Je voulais par ces quelques mots assurer toute la famille de Richard de mon amitié.

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