Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Gardien de la paix
Philippe MAZIZ
Victime du Devoir le 12 février 1980
Département
Alpes-Maritimes (06)
Affectation
Sécurité Publique — Antibes
Circonstances
Cause du décès
Accident de tir à l'entrainement ou en opération
Au cours de la nuit du lundi au mardi 12 février 1980, la brigade de recherche et d’intervention (BRI, PJ Nice) opérait depuis le 29 janvier dans le cadre d’un enlèvement avec séquestration d’un homme d’affaires survenu à Valbonne, sur le territoire du commissariat central d’Antibes (Alpes-Maritimes)..
L’un des ravisseurs était intercepté avec la rançon par le groupe de répression du banditisme (GRB, SRPJ de Marseille). Il indiquait que l’otage serait retenu dans une cabane sur les hauteurs de Vallauris.
La BRI allait explorer cette piste qui s’avèrerait fausse, et la conduire vers une tragédie.
Des policiers antibois opérant en civil effectuaient de leur côté des recherches dans la zone pavillonnaire des Pertuades à Vallauris. L’un d’eux restait au volant de leur véhicule banalisé.
Les deux services intervenaient donc distinctement, sans qu’au préalable ils aient été informés de leurs présences respectives. Le policier resté aux aguets dans le véhicule fut confondu avec un malfaiteur.
Au terme d’une brève confrontation, le gardien de la paix Philippe Maziz, vingt-quatre ans, était mortellement blessé par balle.
Il apparut par la suite que l’otage n’était pas détenu à Vallauris, mais à Tignet, dans une maison en construction. Il était libéré sain et sauf.
Le 14 février, terrassée par le drame qui frappait sa famille dans des circonstances aussi tragiques que sujettes à d’importantes polémiques, la veuve du policier mit fin à ses jours en emportant leur fils de quatre ans. La famille se constituait partie civile et entamait une longue procédure judiciaire.
Le 1er octobre 1982, la cour de cassation rendit un non-lieu suite à l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Lyon ; confirmé en appel le 15 mars 1983.
Le 6 septembre 1990, une nouvelle plainte pour faux en écriture déposée un an plus tôt par la famille Maziz était rejetée.
Biographie
Direction d'emploi
Sécurité Publique
Corps
Encadrement — Application
Type d'unité
Unité d'Appui Opérationnel — Service Spécialisé
Né le 5 avril 1955 à Billy-Montigny (Pas-De-Calais), Philippe Maziz était l’époux d’Annie Vaccanéo, et père d’un enfant. Il repose au cimetière de Souchez (Pas-de-Calais).
Philippe Maziz était entré dans l’administration au centre régional d’instruction de la Police nationale de Reims en octobre 1977.
Promu brigadier de police à titre posthume ; médaille d’Honneur de la Police Nationale ; médaille des actes de courage et de dévouement, échelon Or.
Sources et références
BODMR n° 07 du 03/04/1981 — BODMR n° 06 du 21/03/1980 — Le Monde, article du 23/02/1991, “Supplément d’information dans l’affaire Maziz” — Le Monde, article du 12/02/1991, “La mort occultée de Philippe Maziz, gardien de la paix” — Le Monde, article du 18/03/1983, “Non-lieu confirmé l’affaire Maziz” — Le Monde, article du 16/02/1980, “Les obsèques de la famille Maziz seront célébrées dans le Pas-de-Calais” — Le Monde, article du 13/02/1980, “Un gardien de la paix est tué par méprise par un de ses collègues” — “P… comme Police”, pages 231-232-233-252, éditions Alain Moreau – 1983 — Chroniques de Georges Moréas, La PJ de 1980 (2) — Journal télévisé du 12/02/1980 – à voir à 15:15 — Photo restaurée par IA à partir d’une archive dégradée
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J’ai rencontré Philippe dans le parking de l’école de police de Reims en octobre 1977. Nous sommes entrés ensemble dans l’école et avons dormi dans la même chambre la première nuit ; ensuite on nous a placés par ordre alphabétique mais Philippe est resté dans la même compagnie. Nous avons fait notre formation ensemble. Je conserverai toute ma vie le souvenir de Philippe.