Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Gardien de la paix
Roger MENUISIER
Victime du Devoir le 11 juillet 1944
Département
Pyrénées-Orientales (66)
Affectation
Sécurité Publique — Perpignan
Circonstances
Cause du décès
Assassinat, exécution ou extermination
Contexte
Guerre — Terrorisme
Le 24 mai 1944, dans le contexte de l’intensification des actions de la Résistance dans les Pyrénées-Orientales, Roger Menuisier, vingt-deux ans, et son groupe tentèrent d’attaquer un convoi de fonds de la Trésorerie générale à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
L’opération, menée boulevard Wilson, échoua lorsque les convoyeurs ripostèrent et blessèrent l’un des leurs, tandis que des soldats allemands présents dans un établissement réservé à la détente des hommes de troupe de la Wehrmacht intervinrent.
Le groupe était neutralisé, et interné à la Citadelle de Perpignan. Les cinq hommes subirent la torture de la Sipo-SD avant d’être transférés à Montpellier et remis à la police française.
Le 11 juillet, la Cour martiale de la Milice de Montpellier siégea à l’intendance de police, et condamnait à mort Menuisier et ses quatre compagnons.
Ils furent immédiatement conduits sur la butte du champ de tir de la Madeleine à Villeneuve-lès-Maguelone.
Face au peloton d’exécution composé de policiers français du groupe mobile de réserve de Béziers, Menuisier refusa d’être attaché et d’avoir les yeux bandés. Policier passé dans la clandestinité, il reconnut des anciens collègues parmi le peloton de GMR. Son corps, comme ceux de ses quatre camarades, fut enterré au cimetière Saint-Lazare de Montpellier.
Le 27 octobre, après la Libération, les cinq dépouilles furent transférées à Perpignan lors d’une cérémonie funèbre grandiose.
Les cercueils reçurent l’absoute en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste avant l’inhumation, en présence du préfet Latscha, du maire Félix Mercader et de Louis Chargès, responsable des anciens combattants.
Biographie
Direction d'emploi
Sécurité Publique
Corps
Encadrement — Application
Type d'unité
Unité de Voie Publique — Service Général
Titres et homologations
MPF - Mort pour la France
FFI - Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)
Né le 12 octobre 1921 à Rosselange (Moselle), de Paul Menuisier et de Marcelle Watrin. Roger Menuisier effectua son service militaire durant la campagne de 1939-1940, dans l’arme blindée. Revenu à la vie civile, il conserva le grade de sous-officier de réserve.
Il entrait dans la Police nationale au Groupe Mobile de Réserve (GMR) biterrois, avant d’être muté au corps urbain de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
En 1944, il était marié avec Irène-Hélène Ortega, qui attendait un enfant au moment de son arrestation.
Engagé dans la Résistance dès 1942-1943, il fut d’abord actif dans le réseau AJ-AJ (agent P2) au sein du groupe « Patrie », où il côtoya le docteur Henri Durrieu de Madron et son collègue de la police Gabriel Hispa. Militant du Parti communiste, tous trois se retrouvèrent aux Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF).
En avril 1944, Roger Menuisier intégra le 4ème groupe du « détachement Valmy » de la 411ème compagnie des FTPF des Pyrénées-Orientales, active sur le secteur de Perpignan et Rivesaltes.
Ce groupe comprenait trois gardiens de la paix (Gabriel Hispa, le chef, Roger Menuisier et Jean España) et deux jeunes, Joseph Sauri et Pierre Stoll.
Le 6 mai 1944, avec Hispa, il accompagna en tenue Auriol et Sauri qui posèrent un obus de mortier et une quinzaine de cartouches dans une poubelle devant l’immeuble de la police allemande à Perpignan, charge qui n’explosa pas.
Roger Menusier fut déclaré « mort pour la France ». Son nom figure sur les stèles érigées sur la butte de tir de la Madeleine.
À Perpignan, dans le quartier de Mailloles, la « rue des fusillés de juillet 1944 » honore sa mémoire et celle de ses quatre camarades FTPF.
Sources et références
Maitron (Dictionnaire des fusillés 1940-1944), notice « Menuisier Roger » de André Balent
Laisser un témoignage
Les témoignages irrespectueux ne seront pas acceptés. Pour une demande particulière, merci d'utiliser le formulaire de contact.
Les champs marqués d'une asterisque (*) sont obligatoires.