Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Robert Godin

Victime du devoir le 03 novembre 1937

Département

Paris (75)

Affectation

Paris

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Mercredi 3 Novembre 1937. En cette soirée humide, peu de piétons circulent sur le Quai de Bourbon dans le 4ème arrondissement de Paris, alors recouvert d’une brume épaisse. Vers 20h45, face au N°51 de la même voie, un individu mal intentionné découvre une automobile non verrouillée. Après avoir effectué plusieurs allers-et-venues, il profite de l’aubaine pour fouiller l’intérieur. Il y découvre les papiers d’identité du propriétaire et fait main basse sur quelques objets.

Intrigué par la scène à laquelle il vient d’assister, un riverain domicilié au N°45 de la même voie vient à sa rencontre. Le voleur prend aussitôt la fuite, poursuivi par ce dernier, M. André Laloge. Lui et quelques passants sont sur le point d’interpeller le malandrin alors qu’il atteint l’intersection des rues Chanoinesse et du Cloître-Notre-Dame, lorsque deux coups de feu retentissent. Muni de deux pistolets automatiques, le malfaiteur vient de blesser grièvement au ventre M. Laloge, qui agonise.

Deux agents cyclistes du poste de police de Saint-Gervais alertés par la clameur publique interviennent. Tandis qu’ils progressent rue d’Arcole, l’agent Duflot est dépassé par l’agent Godin, plus vigoureux ; il aperçoit le malfaiteur sur le pont qui s’est dissimulé derrière des madriers. Alors qu’il met pieds à terre après l’avoir dépassé, le bandit tire sans aucune hésitation. Il blesse mortellement le courageux policier, frappé deux fois à la poitrine et une fois au ventre.

Les agents cyclistes Michaut et Chaud venus en renfort retrouvent le gredin, piégé sous le pont Louis-Philippe. Confronté à l’impossibilité d’une fuite, le moribond choisit de se faire justice lui-même en se tirant une balle dans la tête.

La brigade spéciale de la police judiciaire découvre alors cinq pistolets sur le meurtrier : deux 6,35 et trois 7,65 munis de chargeurs garnis. Un agent découvre plus tard, sous le pont d’Arcole, une gabardine contenant encore deux browning 6,35 garnis. A l’intérieur encore, les documents d’identités du propriétaire du véhicule, ainsi que d’autres effets permettant de relier le malfaiteur à des dizaines d’autres vols commis dans la capitale ces six derniers mois.

Grâce au Bulletin criminel publié par le Contrôle des Recherches de la Sûreté Nationale, les services de la police judiciaire aidés par l’identité judiciaire identifient le vil. Il s’agit de Jean Murger, vingt-quatre ans, déserteur du 2ème Régiment de Spahis, en garnison à Tlemcen. Le maréchal-des-logis comptable avait fui avec la caisse de la compagnie, soit un préjudice de 9.000 francs, risquant ainsi la peine de mort devant le tribunal militaire.

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Né le 14 janvier 1903 à Salins (Jura), orphelin à l’âge de six ans, il était entré dans l’administration le 9 avril 1925 après une période de service militaire de cinq ans. Il était agent cycliste au poste de police de Saint-Gervais.
Marié et père d’une petite fille, la famille vivait au 291 rue de Charenton dans le 12ème arrondissement de la capitale.
Il bénéficie d’obsèques officielles le 9 novembre dans la cour de la Cité où il reçoit la médaille d’or pour acte de courage et de dévouement.
Il repose désormais au cimetière de Bercy dans le caveau familial.

Sources et références

Le Petit Parisien du 05/11/1937, page 1, « La tragédie du pont d’Arcole »
L’intransigeant du 05/11/1937, page 3, « L’homme au sept pistolets identifié »
Le Journal du 05/11/1937, page3, « Après le drame du pont d’Arcole »
Le Figaro du 04/11/1937, « Tragique chasse à l’homme »
Le Journal du 04/11/1937, page3, « Le drame du pont d’Arcole »

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