Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Commissaire de police

Robert Blot

Victime du devoir le 17 juillet 1909

Département

Paris (75)

Affectation

Paris (Police Judiciaire)

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Samedi 17 Juillet 1909. Il est dix-neuf heures du soir lors que plusieurs agents du service de la sûreté gagnent la rue de la Folie-Méricourt, n°25, 11e arrondissement de Paris, afin de procéder à l’interpellation d’un mystérieux Emile Delaunay, âgé d’une trentaine d’années.

Au terme d’une longue enquête portant sur des vols sériels d’émaux médiévaux concentrés essentiellement dans des églises et des musées du centre de la France, les enquêteurs venaient d’effectuer plusieurs arrestations dans le milieu des antiquaires parisiens, lorsque l’un des suspects finissait pas désigner leur principal fournisseur en châsses, croix et bras reliquaires, et autres pyxides luxueux.

Décrit comme un malfaiteur dangereux par le complice, l’identité de Delaunay restait cependant inconnue du bulletin criminel.
Le commissaire Emile Blot, sous-chef de la sûreté, est aux côtés de son secrétaire, M. Perrot des Gachons, de l’inspecteur principal Dol et des inspecteurs Mugat et Mathieu ; lorsqu’ils se présentent au deuxième étage, les policiers sont accueillis par le fameux rat des églises, à coups de revolver.

Le commissaire Blot, qui était sur le point d’entrer le premier dans le domicile, ceint de son écharpe tricolore, est frappé d’une balle en pleine poitrine et agonise. Seul à être armé, l’inspecteur Dol riposte aussitôt mais manque la cible.

Dans le même temps, L’inspecteur Eugène Mugat se précipite sur le meurtrier, doté d’une force herculéenne, avec lequel il échange une pluie de coups. Delaunay ceinture le policier et s’en sert de bouclier humain pour se réfugier dans une chambre attenante.

L’agent Mugat redouble de vigueur face au colosse, mais il est abattu de deux balles tirées dans le dos. Pris au piège, le meurtrier choisit alors de se faire justice lui-même. Emmené dans une pharmacie toute proche, le commissaire Blot y rend son dernier soupir.
Grâce au travail d’Alphonse Bertillon, de l’identité judiciaire, la sûreté détermine que Delaunay se nommait en fait Jean-Baptiste Detollenaere, trente-cinq ans, un fugitif condamné à mort pour un meurtre crapuleux commis à l’encontre d’un malheureux agent des postes, auquel s’ajoutait des dizaines d’autres condamnations pénales pour vols, escroqueries et violences.

Il était armé d’un revolver manufacturé à St-Etienne en 1874, cal 11mm, et vivait depuis plusieurs mois à la Folie-Méricourt en se faisant passer pour un voyageur de commerce.

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps de conception et de direction

Né le 12 juillet 1863 à Paris (9e arrondissement) ; marié. Inhumé, dans une concession perpétuelle, au cimetière du Cateau (Nord)
Le commissaire Robert-Emile Blot avait servi comme engagé conditionnel d’un an au 61e régiment de ligne, du 13 novembre 1882 au 15 novembre 1883, d’où il fut libéré avec le grade de caporal. Il devint ensuite officier de réserve. Ancien élève du lycée Louis-Ie-Grand, bachelier-ès-lettres et licencié en droit, il fut, avant son entrée à la Préfecture de police, attaché, en qualité de clerc, à l’étude de plusieurs notaires de Paris. Nommé, le 11 avril 1892, secrétaire suppléant de commissariat, il fut successivement secrétaire aux Lilas (Seine), au quartier des Ternes (17e arrondissement) et au service de sûreté. Il devint ensuite inspecteur principal des gardiens de la paix, officier de paix au 3° arrondissement, commissaire de police du quartier de la Sorbonne et enfin, le 16 janvier 1903, sous-chef au service de sûreté. Il était officier d’académie, chevalier de l’ordre de Charles III d’Espagne, officier de la couronne d’Italie, et titulaire de la médaille de courage et de capacité de 1re classe de Charles Ier de Roumanie.

Sources et références

L’Univers du 09/08/1909, « Rat des églises et assassin »La Croix du 20/07/1909, « Le sous-chef et un inspecteur de la sûreté tués par un dévaliseur d’églises »La Montagne du 14/05/2017, « Faits d’hier : le musée de Guéret était cambiolé… »Du Crime au châtiment de Michel Malherbe, éd. de Borée 2018.

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