Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Commissaire de police

René LACROIX

Victime du Devoir le 25 mai 1968

Département

Rhône (69)

Affectation

Lyon

Partagez

Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Maintien de l'ordre, ou service d'ordre

Arme utilisée

Homicide avec arme par destination

Au cours de la journée du vendredi 24 mai 1968, dans le contexte des manifestations étudiantes, une fraction radicale lyonnaise du Mouvement du 22 mars entreprit de marcher jusqu’à la Préfecture de Lyon (Rhône), donc au-delà du parcours prenant fin sur la Place des Célestins. Le but des militants était de desserrer l’étau des forces de l’ordre à Paris, en s’attaquant à la police ailleurs en France. [1]

Vers 19h, la violence redoubla ; mouvements tournants des émeutiers, harcèlements et actions de guérillas, édifications de barricades et charges des forces de l’ordre se succèdaient ; un dispositif de gardes mobiles interdisant le franchissement du Rhône par le Pont Lafayette, vers la rive gauche fut mis en place.

Peu avant minuit, des émeutiers dérobaient un camion à benne sur un chantier et le lancèrent contre le dispositif policier en laissant un pierre contre l’accélérateur. Le camion vint se fracasser contre le poteau central de l’éclairage axial du pont. Au cours de cette action, le commissaire de police René Lacroix, cinquante-et-un ans, fut mortellement blessé, victime d’un écrasement thoracique. [2] Son décès fut prononcé à son admission à l’hôpital Édouard-Herriot.

Au lendemain de l’émeute, la préfecture fait état d’un policier tué, quarante-six personnes hospitalisées dont une vingtaine de policiers. Le centre-ville a été dévasté par des scènes de pillages. Le 28 mai suivant, les obsèques officielles du commissaire Lacroix entrainèrent un vaste concours populaire.

Deux marginaux suspectés d’être les auteurs des faits furent arrêtés et inculpés pour homicide volontaire. Ils furent acquittés en septembre 1970 par la Cour d’Assises.

Biographie

Corps

Corps de conception et de direction

Type d'unité

Unité de Gestion Opérationnelle, de Coordination ou d'Intendance

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Né le 3 juin 1916 à Oullins (Rhône) de Pierre Lacroix et Hélène Gautier ; époux de Simone Viguier ; domiciliés n°68 Chemin de Chasse à Oullins. [3]

Entré dans la Police Nationale à Nice en janvier 1942, en qualité de gardien de la paix puis comme secrétaire de police, René Lacroix avait combattu en Norvège. Son dynamisme et son courage lui avait valu une citation à l’ordre de l’Armée.

En septembre 1944, il s’engageait dans les forces françaises libres (FFL), puis réintégré deux ans plus tard comme secrétaire de police, avec le titre d’officier de police judiciaire dans plusieurs postes sur la Côte d’Azur. Il fut affecté aux Renseignements généraux de Valence (Drôme).

En 1948, il demande son dégagement des cadres. Réintégré à sa demande en 1949, il est reclassé comme gardien de la paix à la CRS N°142 à Lyon, puis à la CRS N°134 à Roanne. Nommé brigadier à la CRS N°121 à La Rochelle.

En 1956, il passa avec succès le concours de commissaire de police. En 1958, il fut déployé en l’Algérie, affecté successivement à Palikao, puis à la brigade mobile de Constantine. Il rejoignait la Métropole en 1960, après avoir assuré les fonctions de chef de la sécurité publique de Dellys.

Nouvelle série d’affectations, à la circonscription d’Alès, aux RG d’Aurillac, au commissariat spécial de la gare Saint-Lazare à Paris, à Clermont Ferrand et en 1966, en police urbaine à Lyon, au commissariat de Perrache.

Fort de son expérience, il lui fut souvent confié la responsabilité d’opérations de maintien de l’ordre.

Décoré de la Croix de Guerre avec étoile d’argent, campagne de Norvège 1940. Cité à l’Ordre de la Nation ; promu commissaire principal à titre posthume ; médaille d’Honneur de la Police Nationale. Son nom fut donné à la 19e Promotion éponyme de commissaires de police de l’École Nationale Supérieure de Police (ENSP), 1967-1968. Le nom de René Lacroix est gravé sur le monument commémoratif de la police lyonnaise au cimetière de Loyasse à Lyon. Une plaque a été posée sur les lieux de sa mort pendant quelques temps. Elle a
disparu.

Sources et références

[1] Vincent Porhel, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Lyon 1 – Rue89, 25/05/2018: https://www.rue89lyon.fr/2018/05/24/mai-68-a-lyon-de-quoi-est-mort-commissaire-lacroix/ / [2] « Libérez Raton ! » de Jean Kergrist – éditions des montagnes noires, 2018 / [3] État civil Lyon (IIIe), acte de décès n°1968/1313 / Document « Mai 1968, à Lyon, Le commissaire René Lacroix trouve la mort, Pont Lafayette. » par Michel SALAGER, Société Lyonnaise d’Histoire de la Police. http://www.slhp-raa.fr/progs/UploadPci/LACROIX_Bio

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