Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur de police de sûreté

Pierre Mainguy

Victime du devoir le 12 octobre 1919

Département

Loire-Atlantique (44)

Affectation

Nantes

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Dans la nuit du vendredi au samedi 11 octobre 1919, trois malfaiteurs entrent par effraction dans la bijouterie Pavin-Tissot « A la montre de Genève », sise 11-13 rue de la Barillerie à Nantes (Loire-Inférieure). Après avoir percé plusieurs trous dans la cloison en briques du couloir de l’immeuble et créé une petite trappe pour accéder dans le commerce, ils raflent un préjudice de vingt-cinq milles francs en bijoux. Leur méthode repérée par la sûreté permet de relier plusieurs cas de vols qualifiés selon le même mode opératoire.
Dans la journée du samedi, les inspecteurs de la sûreté relèvent quelques indices et procèdent aux vérifications des registres de police des hôtels. Ils s’intéressent de près à l’arrivée douteuse de voyageurs chargés d’outils, dont un couple, reçus vers une heure du matin dans un prestigieux hôtel du centre. Ces derniers ont quitté leurs chambres dans la matinée mais leurs affaires s’y trouvent encore.

Vers les dix heures du soir, munis de signalements précis, les policiers mettent en place une souricière dans le secteur de la Place de la République et surprennent avec des prostituées, Camille Dubois dit le zouave, déserteur des bataillons d’Afrique et Louis Pontet dit le marseillais, âgés de trente-deux ans, porteurs d’armes, de bijoux volés et de grosses sommes d’argent.
Jean-Marie Laval dit Bébert, vingt-cinq ans, abandonne une complice qui est aussi sa jeune maitresse, Claire Dréano, dix-neuf ans, et prend la fuite par la rue Louis-Blanc. Il se retrouve face à l’inspecteur Pierre Mainguy, quarante-huit ans, qui s’y était posté au préalable pour couper toute retraite aux malfaiteurs. Feignant d’abord de coopérer, le bandit sort brusquement un revolver et tire à trois reprises à bout portant sur l’agent. Le policier marié et père de deux enfants est tué net.
Si les recherches immédiates restent vaines, l’interrogatoire persuasif des suspects donne quelques éléments déterminants aux enquêteurs : Bébert, dont on ne connait alors que le surnom et le signalement, serait originaire de Paris et on dresse une liste de lieux où il aurait ses habitudes. Dès le 19 octobre suivant, Bébert est interpellé par les limiers de la police judiciaire rue de Gramont dans le 2ème arrondissement de la capitale. Le profil du meurtrier surprend : il s’agit d’un soldat du 152e régiment d’infanterie titulaire de la croix de guerre ayant fait l’objet de trois citations pour actes de bravoure et d’héroïsme au combat. Libéré à la fin du conflit avec le grade de brigadier, il écope d’une première condamnation pour vol et port d’arme prohibé.
Le 17 mars 1920, le procès des « perceurs de muraille » a lieu à la cour d’assises de Loire-Inférieure. Laval est condamné à mort et déchu de ses décorations militaires. Il est guillotiné le 13 juillet 1920. Dubois et Pontet sont condamnés à dix ans de travaux forcés et à la relégation perpétuelle ; Dréano écope de 12 mois de prison au seul titre des recels. Quatre autres personnes comparaissaient pour le recel du malfaiteur Laval pendant sa cavale nantaise : l’une est condamnée à treize mois de prison, les trois autres sont acquittées.

Biographie

Corps

Corps des inspecteurs de police

Type d'unité

Unité d'investigation

Né le 17 janvier 1871 à Brains (Loire-Inférieure), marié, père de deux enfants. Domicilié 22 rue Voltaire à Nantes.

Entré dans l’administration le 1er mai 1897 après une période de service militaire de trois ans au 3ème régiment de dragons.

Devant la tombe de l’agent Mainguy, Paul Bellamy, maire de Nantes, précise que ce crime « dicte d’imprescriptibles devoirs envers les fidèles serviteurs du public ». Le 10 novembre 1919, le conseil municipal vote une pension de 1703,12 francs, calculée sur les 22 années d’ancienneté de la victime, et une pension de 581,24 francs pour ses deux enfants, Jeanne née en 1903 et René né en 1913 (pension qu’ils toucheront jusqu’à l’âge de 18 ans).

Inhumé au caveau des victimes du devoir au cimetière de la Miséricorde.

Sources et références

Registre des matricules militaires de Loire-Atlantique, classe 1891, N°905.
L’Ouest-Eclair du 14/07/1920 « Une exécution capitale à Nantes »
Le Matin du 18/03/1920 « L’assassin de l’inspecteur Mainguy est condamné à mort »
L’Ouest-Eclair du 31/10/1919 « On arrêt de le meurtrier de l’agent Mainguy »
Le Nouvelliste de Bretagne du 19/10/1919 « Les perceurs de murailles »
L’Ouest-Eclair du 13/10/1919 « Les perceurs de mirailles »

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