Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Maurice Dechy

Victime du devoir le 02 octobre 1943

Département

Paris (75)

Affectation

Paris

Partagez

Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Guerre ou terrorisme

Le 5 avril 1943, la police de sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD) procède à l’arrestation de Maurice Dechy, gardien de la paix de la Préfecture de police entré dans la clandestinité en 1941 pour rejoindre la Résistance comme agent de liaison (voir biographie), alors qu’il se trouve en mission à Vichy (Allier). Incarcéré à la prison de Moulins, il est par la suite transféré le 30 septembre 1943 au fort de Romainville (Seine-Saint-Denis).

Le 2 octobre 1943, il est fusillé comme otage au Mont Valérien à Suresnes, en représailles à l’exécution du général SS allemand Julius Ritter. Sous le titre « Les représailles contre les actes terroristes », le quotidien collaborationniste Le Matin publia un très bref communiqué : « Les attentats et les actes de sabotage se sont multipliés en France ces derniers temps. Pour cette raison cinquante terroristes, convaincus d’avoir participé à des actes de sabotage et de terrorisme, ont été fusillés le 2 octobre 1943 sur l’ordre du Höherer SS und Polizeiführer. »

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Titres et homologations

Membre des Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)

Membre des Forces Françaises Combattantes (renseignement, action et évasion)

Membre de la Résistance Intérieure Française (création de mouvements et de réseaux)

Membre des Déportés et Internés de la Résistance

Né le 8 avril 1906 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) de Edmond (employé de banque), et de Suzanne Lesur. Marié à Georgette Maillot le 1er octobre 1929.

Entré à la Préfecture de police en 1933 comme gardien de la paix au commissariat du XIVe arrondissement, Maurice Dechy eut des contacts, dès octobre 1940, avec des responsables des services spéciaux. Entré dans la clandestinité pour rejoindre Londres, il fut suspendu de ses fonctions le 1er avril 1941 pour abandon de poste, puis révoqué le 15 avril.

Membre de l’Armée volontaire, du réseau de renseignements Alliance, puis d’Alibi-Maurice (sous le pseudo AL 102), d’Honneur de la Police ; homologué sous-lieutenant des Forces Françaises de l’Intérieur, chargé de mission, agent P2 (rémunéré) du Service de sécurité militaire, il collectait des renseignements d’ordre militaire sous la responsabilité du lieutenant-colonel Chavaudeau. Le réseau travaillait en liaison avec l’Intelligence Service.

Capturé au cours d’une mission clandestine à Vichy par le SiPo-SD, il est fusillé comme otage au Mont-Valérien.

Le corps de Maurice Dechy fut incinéré au cimetière du Père-Lachaise, ré-inhumé au cimetière de Rambouillet (Yvelines). Après la Libération, il fut décoré à titre posthume de la Médaille d’honneur de la police française avec la mention « victime du devoir ». Sa veuve fit des démarches pour que son mari soit rétabli dans ses droits. Le ministère des Anciens Combattants lui accorda la mention « Mort pour la France » le 9 avril 1946. Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume. Son nom figure sur le monument aux morts de Vichy, sur la plaque commémorative dans l’église réformée de Versailles ainsi sur le Mémorial des services spéciaux à Ramatuelle (Var).

Il sera réintégré à la Préfecture de police à titre posthume en tant que brigadier de police.

Sources et références

Le Maitron, fiche individuelle de Dechy Maurice (non créditée) ; Arch. PPo., 1W 0119, KC 10. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 6 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 4 octobre 1943. – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, R. Laffont, 2006. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site des services spéciaux
(Bureau Résistance). – Mémorial GenWeb. – État civil, Neuilly-sur-Seine. PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. (restaurée colorisée via myheritage.fr)

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