Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur de police

Jules Gaudry

Victime du devoir le 14 avril 1911

Département

Rhône (69)

Affectation

Lyon

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Circonstances

Décès d'origine accidentelle

Cause du décès

Accident de tir à l'entrainement ou en opération

Dans la nuit du samedi au dimanche 2 avril 1911, deux agents de la sûreté de Lyon (Rhône) repèrent sur la Place du Pont trois jeunes individus suspects qui semblent guetter une opportunité pour agresser un passant. Vers une heure et demie du matin, le trio s’engage dans le faubourg de La Guillotière, et emprunte la Rue de Marseille en suivant de près un inoffensif riverain qu’ils avaient vu changer un louis dans un bar.
Les gardiens de la paix Griffon et Gaudry, qui opèrent en bourgeois, surprennent l’agression et interviennent aussitôt pour mettre fin à la sinistre industrie. Les rôdeurs prennent la fuite, mais l’un d’eux est pris alors qu’il se dissimule derrière l’église Saint-André.

L’interpellation qui s’accompagne de rébellion provoque un formidable tapage. A cet instant surgissent de la rue Jangot deux surveillants en uniforme de la société de police lyonnaise La Vigilante. Avec l’accord de la Préfecture, ces sociétés de surveillance spéciales constituées d’hommes sans formation spécifique assurent un rôle de vigie pour lutter contre la criminalité galopante qui gagne les faubourgs par des rondes nocturnes à l’intérieur et à l’extérieur des immeubles assurés auprès des-dites sociétés. En proie à une activité nocturne délétère faite de vols et règlements de compte entre bandes, La Guillotière n’échappe pas à la règle.
Pensant assister à une rixe entre voyous, les deux surveillants de La Vigilante tirent sur le groupe à sept reprises avec des revolvers d’ordonnance, sans aucun discernement. Ils blessent grièvement dans le dos l’agent Jules Gaudry, trente-cinq ans, qui s’écroule en même temps que l’un des malfaiteurs surpris plus tôt en flagrant délit, Joseph Merlot, dix-huit ans.

Lorsque les surveillants Joseph Lannet et Jules Perrier, âgés respectivement de vingt-trois et vingt-et-un ans, se rendent compte de leur méprise, ils sont déjà interpellés par le sous-brigadier Bonfils et l’agent Blachère de la brigade mobile, venus en renfort.
Transportés à l’Hôtel-Dieu, Merlot présente une blessure sans gravité au cou ; mais l’état de santé de l’agent Gaudry inspire aussitôt les plus vives inquiétudes ; touché à l’épine dorsale, la blessure est inopérable. Il reçoit la visite du secrétaire général de la police, M. Cacaud, ainsi que du maire de Lyon, M. Herriot. Il meurt après une terrible agonie le 14 avril 1911.

Lannet et Perrier sont écroués à la prison de Saint-Paul, à la disposition de M. Rey, juge d’instruction. Bien qu’ils aient tiré à vingt mètres de distance, Lanet explique qu’il s’est senti en danger ; Perrier argue qu’il n’a fait qu’imiter son acolyte après avoir perdu son sang-froid.

Biographie

Corps

Corps des inspecteurs de police

Né le 5 octobre 1875 à Grozon (Jura). Marié, père d’un enfant âgés de quatre mois, demeurant rue Paul-Bert. Entré dans l’administration en juin 1900, détaché à la brigade mobile.

Inhumé au cimetière de La Guillotière.

Sources et références

Registres matricules militaires des AD69, classe 1896, N°743 Le Petit Journal du 03/04/1911 « Un agent et un rôdeur blessés »Le Journal du 03/04/1911 « Lyon : un agent révolverisé »
Le Salut Public du 22/12/1911 « Chroniques judiciaires »
Le Salut Public du 03/04/1911 « Obsèques de l’agent Gaudry »
Le Salut Public du 03/04/1911 « Victime du devoir »
Le Salut Public du 02/04/1911 « Victime du devoir : un agent de la sûreté grièvement blessé »

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