Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur de police

Jean PAGES

Victime du Devoir le 27 juin 1944

Département

Haute-Garonne (31)

Affectation

Renseignements Généraux — Toulouse

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Circonstances

Cause du décès

Assassinat, exécution ou extermination

Contexte

Guerre — Terrorisme

Le 16 février 1944, dans le contexte de l’Occupation et de la traque des réseaux de l’Armée secrète (AS) par la Sipo-SD de Toulouse, Jean Pagès, quarante-trois ans, inspecteur de police aux Renseignements généraux à Toulouse (Haute-Garonne), fut arrêté place Dupuy, où il logeait.

Transféré à la prison Saint-Michel, principal lieu de détention de Toulouse, il y fut torturé. Le 27 juin 1944, il fut extrait de sa cellule avec d’autres détenus par la Sipo-SD et conduit au bois de la Reulle, à la limite entre les communes de Castelmaurou et de Gragnague (Haute-Garonne).

Après avoir creusé la fosse, quinze des seize prisonniers furent exécutés sommairement par un peloton du 2e bataillon de réserve de la division SS Das Reich.

Jean Pagès fit partie des quinze fusillés de Castelmaurou, aux côtés notamment de Claude Charvet, Noël Pruneta, Charley De Hepcée, Marcel Mercié, Roger Toubiana, Joseph Guillaut, Pierre Cartelet et Marcel Joyeux.

Son corps fut découvert dans le charnier de Castelmaurou le 27 septembre 1944 et reconnu par son épouse le 8 octobre. Il fut inhumé à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne).

Biographie

Direction d'emploi

Sécurité Publique

Corps

Inspecteurs — Enquêteurs

Type d'unité

Unité d'Investigation et de Recherche

Titres et homologations

MPF - Mort pour la France

FFI - Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)

Né le 7 mai 1901 à La Bastide-du-Salat (Ariège), Jean Pagès était originaire d’un village du Couserans. À sa naissance, ses parents, François Pages (gendarme à cheval, 28 ans) et Angéline Bouin (couturière, 23 ans), étaient domiciliés dans le département d’Oran (Algérie). Ils résidaient encore en 1944 rue Monge à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne).

Titulaire du baccalauréat, il était avant 1939, d’après le témoignage de son épouse, « chef » dans la Garde républicaine mobile.

En 1944, il était policier à Toulouse aux Renseignements généraux (sa femme indiqua « police judiciaire » dans une déposition après la Libération). Il résidait à Saint-Julien (Haute-Garonne) et disposait d’un logement à Toulouse.

Il épousa Claire Deruelle (née le 12 juin 1900 à Paris). Le couple eut un fils, Guy Jean François, né le 8 septembre 1926 à Pont-Audemer (Eure).

Il participa à la Résistance dans le cadre de l’Armée secrète (AS) au moins à partir de février 1943. Chargé des parachutages, il devint à partir de juin 1943 responsable de trois groupes de l’AS à Saint-Julien-sur-Garonne et à Rieux-Volvestre (Haute-Garonne).

Dès février 1943, il rassembla de la documentation sur les travaux des forces allemandes sur l’aéroport militaire de Francazal et sur le dépôt de munitions de la poudrerie de Fauga. Ces missions de renseignements attirèrent l’attention de la Sipo-SD.

Après la guerre, des collègues résistants (inspecteur Raymond Renard et commissaire Robert Heim) apportèrent des témoignages sur son arrestation, les tortures subies et les circonstances de son exécution.

Le préfet de la Haute-Garonne donna un avis réservé pour l’attribution posthume de la médaille d’Honneur de la Police nationale, constatant qu’il avait parlé sous la torture.

Son supérieur dans la Résistance, Pierre Caubet (alias « Honoré »), attesta de son appartenance au groupe et de son arrestation.

Homologué militaire des forces françaises de l’intérieur (FFI), pseudonyme “Jean Not” ; mention mort pour la France (MPF)

Sources et références

Notice biographique, Maitron (fusillés 40-44) : https://fusilles-40-44.maitron.fr/pages-jean-joseph-francois/

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