Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Brigadier de police

Hubert BASSOT

Victime du Devoir le 30 juillet 1935

Département

Paris (75)

Affectation

Police Municipale (PP) — Paris - 19ᵉ

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Circonstances

Cause du décès

Homicide par arme à feu

Contexte

Forcené retranché, périple meurtrier

Dans la matinée du 30 juillet 1935, un vieil homme quitta une annexe de la mairie du 19ème arrondissement de Paris servant également de bureau du chômage.

Il emprunta la rue André-Dubois et passa devant le poste de police où il croisa un brigadier en uniforme. Devant témoin, Jean-Baptiste Porchet, soixante-sept ans, exhiba un pistolet automatique 7,65 mm et tira à deux reprises dans le dos du policier.

Hubert Bassot, trente-quatre ans, tenta de demander des renforts en donnant, comme il était d’usage, un coup de sifflet. Mais il fut achevé d’une balle dans la tête.

Alors que le chef de poste se présenta arme au poing sur la place, Porchet tenta de se donner la mort, mais il échoua. Il fut transporté à l’hôpital Saint-Louis avec une grave blessure par balle à la tête.

On retrouva sur l’assassin ses documents d’identité et une lettre préméditant son acte : « Mon acte n’a aucune autre raison que celle-ci : il a été tiré au sort parmi six catégories d’ennemis des travailleurs. Vous saurez la suite sur ma table. »

Le commissaire du quartier Combat, M. Duchez, son secrétaire ainsi que des inspecteurs de la police judiciaire investirent le domicile de Porchet, au 13, passage Kuszner. Ils découvrirent que l’homme vivait seul dans un cinq-pièces depuis une trentaine d’années. Serrurier de profession, il était au chômage depuis deux mois.

Sur la table de la pièce à vivre se trouvaient deux cent cinquante francs et une lettre portant la mention « Contribution à remettre à mes filles Louise et Lucienne Durand. »

D’autres nombreux écrits, parfois très incohérents, indiquèrent que Porchet était obsédé et résolument contre l’ordre social établi, contre les contributions, contre le conseil municipal, etc.

Anarchiste convaincu selon son entourage, il n’était cependant affilié à aucun parti politique et n’avait aucun antécédent judiciaire.

Le 20 janvier 1936, Porchet se suicida alors qu’il était toujours soigné à l’infirmerie de la prison de Fresnes, et ce, avant d’avoir pu répondre de son acte.

Si les médecins aliénistes ne purent rendre leurs conclusions à temps, l’histoire sembla retenir néanmoins que ce crime fut l’œuvre d’un dément.

Biographie

Direction d'emploi

Préfecture de Police

Corps

Encadrement — Application

Né le 22 janvier 1901 à Montmirey-la-Ville (Jura), Hubert Bassot était marié, sans enfant ; domicilié n°13 rue Ramus, Paris (XXe).

Fils de cultivateurs, il vécut chez ses parents jusqu’à son incormoration le 20 avril 1921 au 3e régiment de zouaves, pour la campagne en Afrique du Nord.

Libéré du service militaire le 31 mai 1923, il intègrait la préfecture de police le 16 septembre de la même année sur les conseils de son frère, lui-même gardien de la paix.

Promu brigadier le 1er novembre 1933 au commissariat du 19e arrdt. Il est inhumé au cimetière de Pantin.

Sources et références

Crédit photo : Arch. PP SMAC, série KC 2, restaurée par IA — Action Française du 21/01/1936, “Le meurtrier du brigadier Bassot est mort à Fresnes” — Le Matin du 31/07/1935, “Un chômeur déséquilibré tue à coups de revolver un brigadier de police” — Le Journal du 31/07/1935, “Un brigadier de police tué à coups de revolver à deux pas du poste central”

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