Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Gabriel HISPA

Victime du Devoir le 11 juillet 1944

Département

Pyrénées-Orientales (66)

Affectation

Sécurité Publique — Perpignan

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Circonstances

Cause du décès

Assassinat, exécution ou extermination

Contexte

Guerre — Terrorisme

Le 24 mai 1944, dans le contexte de l’intensification des actions de la Résistance dans les Pyrénées-Orientales, Gabriel Hispa, trente ans, et son groupe tentèrent d’attaquer un convoi de fonds de la Trésorerie générale à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

L’opération, menée boulevard Wilson, échoua lorsque les convoyeurs ripostèrent et blessèrent l’un des leurs, tandis que des soldats allemands présents dans un établissement réservé à la détente des hommes de troupe de la Wehrmacht intervinrent.

Le groupe était neutralisé, et interné à la Citadelle de Perpignan. Les cinq hommes subirent la torture de la Sipo-SD avant d’être transférés à Montpellier et remis à la police française.

Le 11 juillet, la Cour martiale de la Milice de Montpellier siégea à l’intendance de police, et condamnait à mort Hispa et ses quatre compagnons.

Ils furent immédiatement conduits sur la butte du champ de tir de la Madeleine à Villeneuve-lès-Maguelone.

Face au peloton d’exécution composé de policiers français du groupe mobile de réserve de Béziers, Gabriel Hispa refusa d’être attaché et d’avoir les yeux bandés. Son corps, comme ceux de ses quatre camarades, fut enterré au cimetière Saint-Lazare de Montpellier.

Le 27 octobre, après la Libération, les cinq dépouilles furent transférées à Perpignan lors d’une cérémonie funèbre grandiose.

Les cercueils reçurent l’absoute en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste avant l’inhumation, en présence du préfet Latscha, du maire Félix Mercader et de Louis Chargès, responsable des anciens combattants.

Biographie

Direction d'emploi

Sécurité Publique

Corps

Encadrement — Application

Type d'unité

Unité de Voie Publique — Service Général

Titres et homologations

MPF - Mort pour la France

FFI - Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)

FFC - Forces Françaises Combattantes (renseignement, action et évasion)

DIR - Déporté, Interné de la Résistance

Citation à l'Ordre de la Nation

Croix de la Légion d'Honneur

Né le 12 décembre 1913 à Paris, de Gabriel Hispa et de Marie-Louise Grenet.

Après avoir effectué son service militaire dans la marine, Gabriel Hispa s’engagea comme volontaire dans les Brigades internationales durant la guerre d’Espagne, où il servit comme officier d’intendance. À l’issue du conflit, il se replia à Perpignan où il s’établit rue Dauder-de-Selva. Il épousa Isabelle Juanès avec qui il eut un enfant.

Militant communiste, il entra dans la police et devint gardien de la paix à Perpignan en janvier 1943. En avril 1944, il intégra les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) en même temps que deux autres gardiens de la paix, Roger Menuisier et Jean España.

Avec deux autres des Chantiers de jeunesse, Joseph Sauri et Pierre Stoll, ils formèrent le groupe n° 4 du détachement « Valmy » de la compagnie n° 411 des FTP opérant dans le secteur de Perpignan et Rivesaltes.

Le plus âgé et le plus expérimenté, Hispa en devint le chef. Au printemps 1944, il accéda au poste de responsable militaire régional des FTPF des Pyrénées-Orientales.

Le 20 mai 1944, en service avec Roger Menuisier, il interpella un homme qui ne respectait pas le couvre-feu. Celui-ci s’étant présenté comme résistant, ils le laissèrent partir. Cet individu, informateur de la police allemande, dénonça leur comportement suspect.

Les Allemands signalèrent l’incident à l’intendance régionale de police de Montpellier qui ouvrit une enquête ; soit quelques jours avant leur arrestation.

Déclaré « Mort pour la France », il fut homologué dans le grade de sous-lieutenant FFI le 9 juin 1948. Son nom figure sur les stèles de la Madeleine et une rue porte son nom à Cabestany. À Perpignan, une « rue des fusillés de juillet 1944 » perpétue le souvenir des cinq FTPF exécutés.

Sources et références

Maitron (Dictionnaire des fusillés 1940-1944), notice « Hispa Gabriel » par André Balent

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