Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Brigadier de police

Franck Brinsolaro

Victime du devoir le 07 janvier 2015

Département

Paris (75)

Affectation

Paris (Service de la Protection)

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Guerre ou terrorisme

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Mercredi 7 Janvier 2015. Deux individus cagoulés, vêtus de noir et porteurs d’armes longues automatiques type kalachnikov se présentent au siège du journal satirique Charlie Hebdo, sis 10 Rue Nicolas-Appert dans le 11ème arrondissement de Paris. Il est 11h20.
Dans l’immeuble, ils abattent immédiatement un agent de maintenance, Frédéric Boisseau, quarante-deux ans, marié et père de deux enfants, puis gagnent le deuxième étage où se trouve toute la rédaction du journal, réunie pour une conférence hebdomadaire.
Les deux terroristes, qui revendiqueront leur appartenance à Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), y exécutent froidement huit journalistes, un invité, et un brigadier de police du Service de la Protection : Franck Brinsolaro, quarante-huit ans, marié et père de deux enfants.
Vers 11h30, des appels police-secours font état de tirs d’armes automatiques, et plusieurs équipages convergent sur les lieux en soupçonnant un vol à main armée en cours. Dans l’allée Verte, un équipage de la brigade anti-criminalité se retrouve face aux terroristes alors que ceux-ci viennent de quitter les locaux de Charlie Hebdo. Une fusillade nourrie éclate.
Les terroristes prennent la fuite à bord d’un véhicule Citroën C3 de couleur noire et se retrouvent face à un autre véhicule sérigraphié de la police nationale qu’ils criblent de balles sans aucune retenue.
Boulevard Richard Lenoir, d’autres policiers se déploient et encouragent les riverains à fuir au plus vite les lieux. De nouveaux échanges de coups de feu ont lieu. Un policier affecté au commissariat local est grièvement atteint à l’aine, mais il s’écroule toujours conscient sur le trottoir. Ce dernier est achevé froidement par le commando avant qu’ils ne prennent la fuite. Il s’agit du gardien de la paix Ahmed Merabet, quarante ans.
Place du Colonel Fabien, ils percutent un Volkswagen Touran. La Citroën C3 est immobilisée et abandonnée Rue Sadi-Lecointe près du parc des Buttes Chaumont situé dans le 19ème arrondissement. Ils volent une Renault Clio en extirpant et en menaçant le conducteur et prennent à nouveau la fuite en direction de la Porte de Pantin, où leur trace se perd.
Desindices sont retrouvés dans la Citroën : un drapeau de l’État islamique, dix cocktails molotov, un chargeur de fusil kalachnikov et des talkie-walkie. Deux suspects sont rapidement identifiés (empreintes digitales et ADN, documents administratifs officiels) et des perquisitions sont aussitôt menées à Gennevilliers, Reims et Strasbourg. Ces opérations policières nocturnes débouchent sur plusieurs interpellations de personnes susceptibles d’avoir été en contact avec les terroristes : Chérif et Saïd Kouachi, deux frères âgés respectivement de trente-deux et trente-quatre ans, fichés par les sections antiterroristes internationales.
Surnommé Abou Issen, Chérif était repéré dans la filière des Buttes-Chaumont, qui visait, sous l’autorité de l’émir Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d’Al-Qaïda, dirigée à l’époque par Abou Moussab Al-Zarkaoui. Interpellé juste avant de s’envoler à destination de la Syrie, puis de l’Irak, il a été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Son frère Saïd n’a jamais été poursuivi, ni condamné.

Une enquête est ouverte pour « assassinats en lien avec une entreprise terroriste ». La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne et la direction générale de la sécurité intérieure ont été chargées de l’enquête ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Le 8 janvier, au lendemain de l’attentat contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo, la police municipale de Montrouge (Hauts-de-Seine) est sollicitée sur un simple accident matériel de la circulation survenu Avenue Pierre-Brossolette entre deux véhicules particuliers. Les agents procèdent au balisage des lieux et les services de la voirie œuvrent pour ramener une circulation normale.
Vers 8h15, trois coups de feu éclatent. Visée directement, Clarissa Jean-Philippe, stagiaire au sein de la police municipale locale s’écroule, mortellement atteinte par un projectile à la gorge. A ses côtés, un employé de la voirie est sérieusement blessé au visage.
Des témoins rapportent qu’un individu vêtu de noir, porteur d’un gilet pare-balles, d’une arme de poing et d’un fusil mitrailleur s’est enfui à bord d’une Clio retrouvée dans la matinée à Arcueil (Val-de-Marne).
Les investigations menées dans l’entourage des frères Kouachi et les empreintes ADN relevées sur la scène de crime permettent d’identifier l’auteur des tirs : Amedy Coulibaly, une autre figure de la filière terroriste islamiste des Buttes-Chaumont. Il ressortait des investigations qui se poursuivaient, que l’épouse de Chérif Kouachi avait passé plus de cinq cent appels sur l’année 2014 avec la compagne de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, ce qui est de nature à établir des liens constants et soutenus entre les deux couples, et de fait, leur complicité.
Le même jour, les frères Kouachi sont repérés alors qu’ils viennent de braquer une station essence Avia, commune de Villers-Cotterêts (Aisne). Un large périmètre de sécurité est établie dans la région par d’importantes forces de police.
Le 9 janvier, Chérif et Saïd Kouachi sont repérés par des gendarmes au volant d’une Peugeot 206 volée à une automobiliste et acculés dans une imprimerie de la commune de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), retenant en otage le dirigeant de l’entreprise. Ils le libéraient vers 10h20 en rapportant aux forces de l’ordre que les terroristes souhaitaient mourir en martyrs, alors que ceux ci étaient toujours armés de fusils d’assauts, d’un lance-roquette prêt à faire feu, de grenades et de cocktails molotov.
Vers 14h, Coulibaly entre à son tour dans la supérette Hyper Cacher sise Avenue de la Porte de Vincennes dans le 20ème arrondissement de Paris. Armé d’un pistolet mitrailleur type Scorpio et d’un AK-47, il retient plusieurs otages et prévient une chaine d’information que si un assaut est mené à Dammartin, il exécutera les otages. Le RAID et la BRI cernent aussitôt le secteur, et le quartier est évacué.
Vers 17h, un assaut commun est opéré sur les deux scènes. Au terme de très violents échanges de coups de feu, les trois terroristes sont abattus les armes à la main. Un dernier otage était libéré à Dammartin, tandis que Porte de Vincennes, on déplorait la mort de quatre personnes, exécutées au moment de la prise d’otages. Deux policiers étaient blessés aux jambes, un autre plus grièvement.
Le 13 janvier, une cérémonie d’hommage national aux policiers tombés dans l’exercice de leur fonction est célébrée dans la cour d’honneur de la préfecture de police de Paris. Cités à l’ordre de la nation et élevés au grade de chevalier de la légion d’honneur, les agents Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet sont nommés Lieutenant de police à titre posthume, Clarissa Jean-Philippe est nommé Brigadier de police à titre posthume.
Le 14 janvier, Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique publie une vidéo dans laquelle il revendique l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo.

Biographie

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Force d'Intervention

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Décoration de la Légion d'Honneur

Né le 11 janvier 1966 à Toulon (Var) ; marié et père de deux enfants.

Installé dans l’Eure, il venait de se marier à Ingrid et d’avoir une petite fille âgée d’un an. Il était également le père d’un garçon de vingt-cinq ans, né d’une première union.

Entré dans la Police Nationale en 1986 ; discret et courageux, il était passionné par son métier.Il s’était spécialisé dans la protection en 2003, multipliant dès lors les missions à l’étranger au Cambodge ou en Indonésie.

Il s’était aussi aguerri dans des territoires hostiles, en Bosnie, ou en Afghanistan.

Sportif de haut niveau, il possédait toutes les habilitations nécessaires à la protection rapprochée.

Il était chargé de veiller à l’intégrité physique de Stéphane Charbonnier (Charb). Il repose désormais à Bernay.

Cité à l’ordre de la Nation [1] ; élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur [4] ; nommé Lieutenant de police à titre posthume ; médaille d’Honneur de la Police Nationale ; médaille des actes de courage et de dévouement – échelon or ; reconnu Victime du Terrorisme [5]

Sources et références

[1] JORF n°10 du 13/01/2015, texte 43 / [2] JORF n°10 du 13/01/2015, texte 44. / [3] JORF n°10 du 13/01/2015, texte 45 [4] JORF n°001 du 01/01/2016 texte n°7 / [5] JORF n°62 du 14/03/2015 portant inscription de la mention « victime du terrorisme », F. Brinsolaro, texte 48 / [6] JORF n°278 du 30/11/2016 portant inscription de la mention « victime du terrorisme », A. Merabet, texte 105

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