Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

Soumettre un complément

Inspecteur de police de sûreté

Benoît Nicolet

Victime du devoir le 04 juin 1801

Département

Rhône (69)

Affectation

Lyon

Partagez

Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme blanche

Dans la nuit du 14 au 15 prairial an 9 (3 au 4 juin 1801), sur le coup de 9 h du soir, un violent différend éclate dans un immeuble de la rue Mercière, à Lyon, entre des militaires et la tenancière d’une maison publique qui leur refuse des filles. Injures, bousculades, violences, coups… L’inspecteur de police Nicolet, qui demeure à proximité, répond aux appels au secours. Décoré de son écharpe tricolore, une des filles parvient à le faire entrer.

A l’intérieur, des militaires de la 15e ½ brigade d’infanterie légère dont des officiers. Trois carabiniers violentent les femmes ; la maîtresse de maison est blessée. Ils refusent d’obtempérer et veulent fuir. L’inspecteur tente de les interpeller. Les autres militaires restent passifs. Nicolet se tourne vers les deux soldats du poste de garde de la mairie du Midi, venus à la rescousse à la diligence de la domestique. Deux des carabiniers s’enfuient. Nicolet est face au plus violent, Henry Vautrin, qui tente de le frapper de son sabre.

L’inspecteur évite le coup et, profitant que Vautrin a perdu son arme ; les officiers crient à Nicolet de le lâcher. Dans l’empoignade, Nicolet n’a pas vu revenir les deux fuyards qui récupèrent le sabre de Vautrin et le lui rendent. Nicolet tente à nouveau de se saisir de Vautrin qui lui plonge son sabre dans la poitrine. L’inspecteur tombe raide mort dans les escaliers.

Un des officiers assomme Vautrin avec sa canne. Les deux fusiliers de la 59e ½ brigade d’infanterie de ligne veulent s’assurer du meurtrier. Ils ont été rejoints entretemps par un caporal et deux autres soldats du poste de garde. Les officiers de la 15e ½ légère, arguant de leur grade, s’interposent et prennent en charge Vautrin. Les deux carabiniers, complices, ont disparu. Le sabre et le baudrier ensanglantés sont restés sur les lieux à proximité du corps de Nicolet. A 9 h ½ du soir, M. Guillon, juge de paix de l’arrondissement de l’Hôtel-Dieu se transporte sur les lieux, assisté de l’officier de santé, M. Martin, qui doit procéder à l’autopsie du corps transporté à l’Hospice des Malades.

Biographie

Corps

Corps des inspecteurs de police

Type d'unité

Unité d'investigation

L’inspecteur Benoit Nicolet, quarante-six ans, s’était remarié en l’an 67. Son fils Benoît avait deux ans. Le Commissaire général de police de Lyon, François, Louis DUBOIS, fait accorder, par le Conseil municipal de Lyon, une allocation en faveur de la veuve et de l’enfant de 300 francs par an jusqu’à 14 ans et le vœu qu’il soit élevé au Prytanée. Benoît NICOLET est le premier inspecteur de police français, mort victime du devoir.

Sources et références

Société Lyonnaise d’Histoire de la Police : L’assassinat de l’Inspecteur de police Nicolet – Michel Salager article du 01/07/2006 ; lien direct : http://www.slhp-raa.fr/progs/UploadPci/Article%20NICOLET.pdf

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les commentaires irrespectueux ne seront pas acceptés. Pour une demande particulière, merci d'utiliser le formulaire de contact.
Les champs marqués d'une asterisque (*) sont obligatoires.

Rechercher dans le Mémorial

Recherche par nom Recherche avancée