Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Commissaire principal
Auguste CALAS
Victime du Devoir le 22 avril 1945
Département
Seine-et-Marne (77)
Affectation
Sécurité Publique — Fontainebleau
Circonstances
Cause du décès
Assassinat, exécution ou extermination
Contexte
Guerre — Terrorisme
Au cours du mois de septembre 1943, dans le contexte de l’Occupation et de la répression allemande à Fontainebleau (Seine-et-Marne), le commissaire de police Auguste Calas, cinquante-et-un ans, résistant du Front national, fut arrêté à son domicile par la police secrète allemande (Geheime Staatspolizei, Gestapo).
Détenu au secret pendant environ quatre mois et demi à la prison allemande de Fontainebleau, il fut transféré le 6 janvier 1944 au fort de Romainville, puis le 12 janvier au camp de Royallieu à Compiègne (matricule 23321). Déporté vers l’Allemagne (matricule KLB 42916 à Buchenwald), il fut contraint à la marche de la mort.
Épuisé, il tomba et fut abattu par un soldat de la Shutzstaffel (SS) durant une nuit entre le 20 et le 22 avril 1945 à Karlsbad-Talspere, près de la frontière tchécoslovaque.
Biographie
Direction d'emploi
Sécurité Publique
Corps
Conception — Direction
Type d'unité
Unité de Gestion Opérationnelle, de Coordination ou d'Intendance
Titres et homologations
FFI - Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)
DIR - Déporté, Interné de la Résistance
MED - Mort en Déportation
Croix de la Légion d'Honneur
Né le 16 août 1892 à Paris (XIXe) de Paul Calas et Marie Bariéraud ; divorcé de Wanda Borowska ; père d’une enfant devenue pupille de la Nation (1954) ; domicilié N°8 Rue Auguste-Barbier à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
Engagé en 1913 au 76ᵉ RI, Auguste Calas combattit pendant la Première Guerre mondiale, fut fait prisonnier, s’évada en novembre 1917 et reprit un poste de commandement.
Décoré de la Croix de guerre, de la Médaille militaire et de la Légion d’honneur, il fut mis à la retraite de l’armée en 1928 (promu capitaine de réserve en 1929).
Il entra dans la police en 1931 comme inspecteur, fut promu commissaire en 1934 (affecté à Châteaudun, Eure-et-Loir), puis à Millau (Aveyron) en 1935.
Nommé à Fontainebleau le 6 janvier 1936, il y exerça comme commissaire principal jusqu’à son arrestation. Rappelé en septembre 1939 au 330ᵉ RI à Domfront, il fut réformé en février 1940 pour blessures de guerre et reprit son poste.
Dès juin 1940, il s’opposa aux directives allemandes. Il établit des faux papiers pour les personnes recherchées (Juifs, communistes, résistants), prévint les résistants des perquisitions, les aida à se cacher et constitua un stock d’armes.
En juillet 1942, il rejoignit le Front national sous les ordres d’Émile Junguenet (dit « Maxime »), responsable du sous-secteur de Fontainebleau. Il fut également responsable du dépôt d’armes caché à la mairie.
Sa compagne, Élisabeth Petit, échangea des messages clandestins avec lui pendant sa détention et camoufla les armes précédemment cachées à leur domicile.
Il est inhumé au cimetière de l’Ouest de Boulogne-Billancourt. Son nom figure sur des plaques commémoratives à Fontainebleau.
Sources et références
Doc. numérique “Les armes à la main !” de Alexandre Oudette et Rime Zoldyck, Concours National de la Résistance et de la Déportation de 2017-2018 — Notice éponyme réalisée par Renée Wathier-Andreu, des Amis de la Fondation de la Résistance — Arch mun. Paris, matricule 1912-2096 —
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