Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Inspecteur de police de sûreté

Alexis Royer

Victime du devoir le 13 avril 1898

Département

Paris (75)

Affectation

Paris

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme blanche

Mercredi 13 avril 1898. Alphonse Besnard, quarante-sept ans, est atteint d’aliénation mentale depuis plusieurs années. Soigné à l’asile de Villejuif, ce dernier a pu retrouver son épouse et son fils après une période de soins donnant des résultats encourageants.

Cependant, depuis trois jours, le mari et père aimant est de nouveau victime de violentes sautes d’humeurs et de délires de persécution qui terrorisent à la fois la famille et le voisinage. Au N°51 Boulevard Brune, 14ème arrondissement de Paris, ses hurlements provoquent un tel scandale que l’épouse décide de prévenir le commissariat de Plaisance.

Vers les neufs heures et demie du soir, un inspecteur et deux gardiens de la paix se présentent au domicile. L’inspecteur Royer, qui travaille en bourgeois, laisse les deux agents en uniformes à l’entrée pour ne pas provoquer l’ire du malade. Très affable, il prend contact avec ce dernier directement dans sa chambre, où une discussion cordiale mais détournée du but à atteindre a lieu. Besnard est d’accord pour le suivre au commissariat.

Surpris mais satisfait de la tournure de l’évènement, l’inspecteur Royer laisse Besnard préparer quelques effets. Alors qu’il semble prendre des chaussures dans une armoire, Besnard profite d’un moment d’inattention du policier et lui porte un violent coup de poignard au ventre.

Les hurlements provoquent l’intervention des deux agents restés aux aguets. Ils parviennent à maitriser l’aliéné avec difficulté en le ligotant de la tête aux pieds.

L’inspecteur Alexis Royer ne survécu que quelques instants à sa blessure. Il avait trente-quatre ans. Inhumé le 17 avril suivant, au cimetière du Montparnasse, dans le tombeau des Victimes du Devoir de la Préfecture de police.

Besnard n’a jamais été jugé pour son crime, déclaré irresponsable pénalement devant les experts aliénistes. Il a été de nouveau interné à l’asile de Villejuif.

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps des inspecteurs de police

Type d'unité

Unité d'investigation

Né à Gray (Haute-Saône), le 23 août 1863, marié, le couple vivait 26 villa Duthy à Plaisance. Incorporé le 6 décembre 1884 au 1er régiment de chasseurs à cheval en garnison à Melon, il fut libéré du service actif le 20 septembre 1888. Pendant son passage sous les drapeaux, il été attaché comme secrétaire au bureau de recrutement.

Entré à la Préfecture de police le 21 janvier 1891 et nommé inspecteur successivement attaché, en cette qualité, aux commissariats des quartiers des Bassins, de la Goutte-d’Or, de Saint-Vincent-de-Paul et de Plaisance. Il avait été promu à la 2e classe de son grade le 1er juin 1894.

Sources et références

Le Petit Journal du 15/04/1898, « Tué par un fou »
Conseil municipal de la ville de Paris, rapports et documents, année 1913, page 139.

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