Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Alain Pelléter

Victime du devoir le 05 août 1910

Département

Paris (75)

Affectation

Paris

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Forcené retranché, périple meurtrier

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Vendredi 5 août 1910. Au milieu d’une cohue de passants, de tramways et de véhicules de toutes sortes, un accident de la circulation se produit à l’intersection de la rue Réaumur et du boulevard Sébastopol, 2e arrondissement de Paris.

Un fiacre, monté par deux clients en état d’ébriété, percute avec le marchepied un taxi-auto à l’arrêt. Alors que le cocher et le chauffeur s’invectivent, l’un des clients du fiacre s’en mêle et donne un coup de poing à ce dernier ; une foule de curieux assiste à la rixe. Il est environ quatre heures et demie de l’après-midi.
Témoin de l’échauffourée, l’agent Richard, gardien de la paix au 2e arrondissement, espère ramener le calme et invite les protagonistes à se rendre au commissariat du quartier Bonne-Nouvelle, pour s’expliquer sur les coups échangés. A cette demande, la brute à l’origine du premier coup de poing éructe des insultes et affirme qu’il ne viendra pas.

Devant l’insistance du policier, il exhibe de façon soudaine une arme de poing et tire à trois reprises sur l’agent, créant ainsi un large mouvement de panique dans la foule. Puis il tire à une reprise sur l’agent Le Tiec venu en renfort, sans l’atteindre, et prend la fuite par la rue Palestro.
Vingt mètres plus loin, le forcené, toujours l’arme au poing, est saisi par l’agent Alain Pelléter, vingt-neuf ans ; ce gardien de la paix du 10e arrondissement n’est pas de service et profitait tout juste de son congé annuel. Le malfaiteur se débat vigoureusement et tire sa dernière munition à bout touchant dans la tête du courageux policier, tué net.

Une foule indignée se presse autour du meurtrier et l’empêche de progresser dans sa fuite ; un témoin vient même le désarmer et le frapper avec au point de briser la crosse de l’arme. Une poussée formidable se produit, et la foule vient sévèrement fouler aux pieds le criminel. L’agent Le Tiec avec l’assitance de l’agent Dadou, du 3e arrondissement, arrachent difficilement le forcené des riverains ivres de colère.
Ils gagnent le poste de police de la rue Thorel à pieds, mais sont régulièrement débordés par la fièvre populaire désireuse de mettre à mort le meurtrier : Arthur Renard, vingt-trois ans, tueur de bestiaux à La Villette, demeurant à Aubervilliers. Ce colosse, libéré trois semaines plus tôt de la prison de Fresnes venait d’y purger une peine pour coups et blessures. L’agent Richard est transporté à l’Hôtel-Dieu dans un état grave mais il survivra. Le corps de l’agent Pelléter est également transporté sur une civière au poste de police, où l’émotion que suscite sa mort est vive.
Le 27 novembre 1911, Renard est condamné à mort par la cour d’assises de Seine. Il est établi que, pris de boissons, il a tenté de tuer les agents Richard et Le Tiec avec une arme prohibée, et tué l’agent Pelléter pour éviter une arrestation ; il était également établi que pendant son méfait, Renard faisait l’apologie du tristement célèbre crime de l’anarchiste Liabeuf, coupable du meurtre de l’agent Deray en janvier 1910.

Le matin du 20 janvier 1912, Renard subit le même sort que Liabeuf ; il est exécuté par guillotine à la prison de la Santé.

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité de Voie Publique - Service Général

Né à Quimper (Finistère), le 11 mai 1881, marié et domicilié 10 rue du Paradis dans le 10e arrdt.

Il se trouvait en congé annuel au moment de sa mort et le couple devait rejoindre la Bretagne dans la soirée.

Incorporé le 14 novembre 1902 au 70e régiment d’infanterie, il fut renvoyé dans ses foyers le 19 septembre 1903, comme fils de veuve.

Entré à la Préfecture de police le 10 janvier 1905, il fut nommé gardien de la paix stagiaire au 10e arrondissement. Il devint titulaire de son grade le 19 janvier 1906.

Inhumé le 10 août suivant, au cimetière du Montparnasse, dans le tombeau des Victimes du devoir de la Préfecture de police.

Sources et références

Gil-Blas du 20/01/1912, « L’aube rouge » Le Petit Parisien du 06/08/1910, « Une brute tue un agent et en blesse grièvement un autre »Le Matin du 06/08/1910, « A Paris, en plein jour, on tue et on blesse des agents »Alain PELLETER
Gardien de la paix

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