Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Gardien de la paix
Henri DUPONT
Victime du Devoir le 29 décembre 1944
Département
Paris (75)
Affectation
Sécurité Publique (PP) — Paris - Services Techniques
Circonstances
Cause du décès
Assassinat, exécution ou extermination
Contexte
Guerre — Terrorisme
Le 19 avril 1943, dans le contexte de l’Occupation allemande, la police secrète d’État du Troisième Reich (Geheime Staatspolizei – Ge.Sta.po), se rendait au 71, boulevard de Strasbourg à Paris (Xe), et mit en état d’arrestation Henri Dupont, trente-six ans, gardien de la paix aux Services Techniques de la Préfecture de police.
Effectivement très actif comme agent de renseignement dans la Résistance (voir biographie), il fut surpris en pleine émission radio clandestine avec l’Angleterre.
Interné à la prison de Fresnes, il fut atrocement torturé, refusant obstinément de livrer ses camarades de combat.
Déporté en Allemagne au camp de concentration de Sachsenhausen près d’Oranienburg, puis transféré à celui de Buchenwald, il servit aux médecins allemands comme sujet pour des expériences sur les matières cérébrales.
Effectivement sujet à des céphalées chroniques, son cas suscita leur intérêt au point d’envisager une opération voire une autopsie.
Le 23 décembre, il fut convoqué pour être examiné par un « spécialiste » des maladies de la tête. Il décédait des suites des mauvais traitements le 29 décembre 1944.
Biographie
Direction d'emploi
Préfecture de Police
Corps
Encadrement — Application
Type d'unité
Unité de Voie Publique — Service Général
Titres et homologations
MPF - Mort pour la France
FFC - Forces Françaises Combattantes (renseignement, action et évasion)
DIR - Déporté, Interné de la Résistance
MED - Mort en Déportation
Né le 25 mai 1907 à Villechevreux (Haute-Saône) de Just Dupont et Marie Louise Grosjean.
Titulaire du certificat d’études primaires supérieures, Henri Dupont entrait dans la Police parsienne le 26 janvier 1934, et intégrait les services techniques deux ans plus tard, en qualité de radiotélégraphiste.
Cette spécialité était très recherchée par la Résistance sous l’Occupation ; il fut recruté au mois de janvier 1943 dans le réseau “Alliance” comme agent de renseignements et opérateur radio. Il accomplit sa tâche avec un total dévouement sous le pseudonyme “Dudu”.
Henri Dupont n’était pas marié mais les archives Arolsen révèlent une correspondance d’une jeune femme de son âge.
Il s’agit d’un ordre de paiement/mandat de 20 Reichsmarks envoyé par Mme Marcelle Schmitt (58 Bld Richard Lenoir, Paris XIe) à Henri Dupont au camp de Buchenwald (matricule 44901, Block 62), daté du 5 mai 1944. Le paiement est qualifié de “SECOURS”. (voir document annexe).
Il avait également un frère, Adrien Dupont, cultivateur à Vellechevreux, auprès duquel un procuration en allemand signée par Henri Dupont, prisonnier au camp de concentration de Buchenwald, donnant pouvoir à son frère de recevoir en son nom tous les paiements, pensions et sommes d’argent qui lui sont dus.
Homologué sous-lieutenant des forces françaises combattantes — direction générale des études et recherches (DGER), comme agent P2 chargé de mission de 3e classe.
Mention « Mort pour la France » ; citation à l’ordre du corps d’armée comportant la Croix de guerre ; médaille de la Résistance.
Sources et références
Arch. PP, SMAC, série KC, photo sous licence restaurée et colorisée via Myheritage.fr
Au cœur de la Préfecture de Police : de la Résistance à la Libération (1ère partie) – Note de Stéphane Longuet, Éric Dumartin.
SHD, BR et 2e guerre mondiale [16P 201666] et bureau des archives des victimes des conflits contemporains)




Laisser un témoignage
Les témoignages irrespectueux ne seront pas acceptés. Pour une demande particulière, merci d'utiliser le formulaire de contact.
Les champs marqués d'une asterisque (*) sont obligatoires.