Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Sylvain Sère

Victime du devoir le 30 mars 1967

Département

Isère (38)

Affectation

Grenoble

Partagez

Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Dans la nuit du mercredi au jeudi 30 Mars 1967, des agents de police du corps urbain de Grenoble (Isère) repèrent deux individus suspects dans le centre-ville, rue Saint-Jacques. Équipés d’outils qu’ils transportent sur une bicyclette, ces derniers semblent effectuer des repérages pour commettre des vols avec effraction.

Lorsque les policiers décident de procéder à leur contrôle, plusieurs coups de feu éclatent. Le sous-brigadier Sylvain Sère, trente-huit ans, est mortellement blessé tandis que le gardien de la paix Jean Yagues est touché à la cuisse et au bras droits. Les recherches entreprises durant la nuit et la matinée de jeudi ne donnent aucun résultat.
Un fait intrigue les enquêteurs de la police judiciaire : le pistolet de la victime a disparu. L’autopsie du corps du policier révèle qu’il a été blessé par une balle de 9 mm l’ayant atteint à la hauteur de la ceinture et qu’il a été atteint par deux autres balles de 7,65 provenant de son arme, dont l’une, mortelle, s’est logée dans le cou. Il apparaît que le meurtrier, après avoir tiré avec son arme, un 9 mm, a désarmé le sous-brigadier et a de nouveau fait feu avec le pistolet de sa victime. D’après les premiers témoignages, le complice ne semble pas avoir été armé.

La police judiciaire entreprend dès jeudi de nombreuses vérifications dans les hôtels et les hôpitaux de la région pour tenter de retrouver la trace des criminels, en vain. L’épilogue surprenant survient deux ans plus tard.
Dans la soirée du 21 août 1969, à Grenoble, un malfaiteur est abattu par la police alors qu’il est surpris, avec son fils complice, en flagrant délit de cambriolage dans une charcuterie des établissements Gavet. Le truand venait de prendre la fuite et s’était réfugié sur le toit d’un immeuble voisin d’où il ouvrit le feu sur les forces de l’ordre. Celles-ci ripostèrent, blessant mortellement le bandit : un certain Adolf Bauer, soixante ans, d’origine autrichienne.
Domicilié à Grenoble depuis de nombreuses années, les enquêteurs démontrent que l’individu menait une double vie, dans laquelle il avait entrainé son fils, Walter Bauer, vingt-huit ans. Photographe localement réputé, les grenoblois remarquaient régulièrement le courtois et insoupçonnable « père Adolphe » et son fils à la recherche d’un document pittoresque. L’une de ses affiches représentant la ville olympique avait par ailleurs fait le tour du monde. Mais la nuit, prétextant à ses proches de partir en reportage, il recherchait avec son fils des sensations moins esthétiques, et tous deux écumaient le Dauphiné pour commettre des séries de vols.
Lors de l’interrogatoire, le fils Bauer remet des aveux circonstanciés, arguant que son père n’était autre que l’auteur du meurtre de l’agent Sère, tué deux ans plus tôt. L’arme de service du policier, unpistolet unique RR51 7,65, est effectivement retrouvée lors de la perquisition du domicile familial, où de nombreuses autres armes de poing et recels sont retrouvés.

La police judiciaire effectue alors des rapprochements, et soupçonnent également le duo de malfaiteurs d’être responsable de la mort, dix ans plus tôt, du gardien de la paix Joseph Baton. Le photographe-cambrioleur était également l’auteur, plus jeune, d’un double homicide en Autriche où son propre père et son propriétaire avait été tués.

Note : Le gardien de la paix Yagues, remis de ses blessures, sera malheureusement tué en service à Grenoble en 1974, fauché volontairement par le conducteur d’un véhicule volé.

Biographie

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité de Voie Publique - Service Général

Titres et homologations

Citation à l'Ordre de la Nation

Né le 9 avril 1929.

Sources et références

Revue internationale de criminologie te police technique, volume 23, page 42, année 1969
L’Impartial du 23/08/1969, « Père et fils menaient double vie »Le Monde du 23/08/1969, « Adolphe Bauer serait-il le meurtrier d’un second policier ? »
Le Monde du 22/08/1969, « Un malfaiteur mortellement blessé par la police »
Le Monde du 01/04/1967, « Les meurtriers seraient des nord africains »
Le Monde du 31/03/1967, « Un policier est tué par le cycliste qu’il interpellait »

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