Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Gardien de la paix

Jean-Baptiste Maurs

Victime du devoir le 18 février 1900

Département

Paris (75)

Affectation

Paris

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Interpellation(s) d'individu(s)

Arme utilisée

Homicide par arme blanche

Dimanche 18 Février 1900. Il est cinq heures du matin lorsque trois rôdeurs alcoolisés écument le quartier de la Butte-aux-Cailles, 13e arrondissement de Paris. Renversant les étalages des boutiquiers, bousculant et injuriant les passants, les ivrognes âgés d’une vingtaine d’années finissent par provoquer l’intervention des gardiens de la paix Coppier et Schmettezki. Rue de Vergniaud, ils maitrisent tant bien que mal deux des trois trublions : Eugène Hocquart dit gobelette, et Louis Chevalier dit trois-pattes, et les emmènent jusqu’au commissariat pour outrages à agents et ivresse publique manifeste. Alors que Hocquart se débat vigoureusement en incitant à l’émeute les malandrins qui les encerclent, les gardiens de la paix Baudoin et Maurs, en poste-vigie rue de la Glacière, viennent prêter main forte.
C’est à cet instant que le troisième de la bande, Jules Guyomar dit le breton, dix-neuf ans, revient à la charge sur l’agent Maurs et le frappe à trois reprises à la nuque et à la tête avec un redoutable stylet. Les coups sont donnés avec une telle force que la lame se brise dans le crâne de la victime. Le scélérat tente de prendre la fuite mais il est terrassé d’un violent coup de poing porté par l’agent Coppier. Il apparait au bulletin criminel que les trois malfaiteurs faisaient l’objet de recherches pour des centaines de vols de nature avicole commis de manière sérielle sur l’arrondissement.
L’agent Maurs est transporté jusqu’à l’hôpital Cochin dans un état désespéré. Il y reçoit la médaille d’or de 1re classe pour acte de courage et de dévouement des mains de M. Laurent, secrétaire général de la préfecture de police. Il meurt après une terrible agonie à l’âge de quarante-et-un ans.

Le 21 mai, la cour d’assises de la Seine condamne Guyomar à mort pour le meurtre de l’agent Maurs. Toutefois, en raison de son jeune âge, un recours en grâce est signé en sa faveur le jour même du verdict. Le recours est validé le 11 juillet suivant et la peine capitale commuée aux travaux forcés à perpétuité. Guyomar est transféré de la prison de la Santé jusqu’à l’île-de-Ré, d’où il embarque définitivement pour la Guyane Française. Il meurt le 21 juillet 1928 à Saint-Laurent-du-Maroni après deux tentatives d’évasion.

Biographie

Administration d'emploi

Préfecture de police

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Né à Saint-Parthem (Aveyron), le 30 mai 1858, marié, deux enfants. Le gardien de la paix Jean-Baptiste Maurs avait accompli une période de cinq ans de service militaire à la 16e section d’infirmiers militaires. Depuis son entrée à la Préfecture de police, il appartenait à la brigade du 13e arrondissement où il avait été nommé le 1er janvier 1886.

D’un caractère énergique, il s’acquittait de son service avec beaucoup de zèle. Il avait deux frères dans l’administration : l’un gardien de la paix comme lui au 13e arrdt et l’autre sergent de ville de banlieue parisienne à Clichy. Inhumé le 22 février suivant, au cimetière du Montparnasse, dans le tombeau des Victimes du devoir de la Préfecture de police.

Sources et références

Dossier individuel de bagne FR ANOM COL H 4025/a
Conseil municipal de la ville de Paris, rapports et documents, année 1913, page 141
Le Matin du 14/07/1900, « A travers Paris : la grâce de Guyomar » La Lanterne du 20/05/1900, « Condamnation à mort »
L’éEcho de Paris du 21/02/1900, « Faits Divers : meurtre d’un agent » Le Petit Journal du 20/02/1900, « Le drame du boulevard d’Italie »

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