Mémorial des Policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Brigadier de police

Félix Oudard

Victime du devoir le 13 mars 1857

Département

Marne (51)

Affectation

Epernay

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Circonstances

Décès d'origine criminelle

Contexte

Forcené retranché, périple meurtrier

Arme utilisée

Homicide par arme à feu

Le 12 mars 1857, vers midi, M. Bazire, président du tribunal de grande instance à Epernay (Marne) emprunte la Place Louis-Philippe pour rejoindre le Palais de Justice. A l’angle de la Rue du Commerce, il passe devant le magasin de la famille Bouquet, laquelle tient une activité de chaudronnerie en rez-de-chaussée. Dotée d’une très mauvaise réputation, tous les membres de cette famille accumulent des condamnations pénales pour vols qualifiés et tiennent une rancune tenace contre les hommes de loi ; le cadet purgeant depuis le mois d’août une peine de trois ans d’emprisonnement.

Ayant prémédité l’occasion, Rosalie Bouquet sort du magasin ; elle exhibe de façon soudaine une arme de poing qu’elle dissimulait sous un tablier et fait feu à deux reprises sur M. Bazire sans parvenir à l’atteindre, avant de prendre la fuite en réintégrant le magasin. A son tour, son mari, Alphonse Bouquet, cinquante-sept ans, se saisit de la même arme et tire à bout portant. Il atteint la victime au niveau du crâne, qui parvient à s’enfuir.

Un attroupement de riverains indignés se forment rapidement sur la place et sont envers et contre tout invectivés par le couple Bouquet, rejoint par leur fils Louis. Ils finissent par se retrancher dans leur établissement.

M. Seguier, substitut du procureur impérial, se rend sur place et ordonne avec le concours de gendarmes, que ces derniers se livrent sans violence.

Alors qu’ils tentent d’investir les lieux, plusieurs coups de feu retentissent. Un maréchal des logis est grièvement blessé.

Alors qu’il vient saisir Louis Bouquet, le brigadier de police Félix Oudard est abattu à bout touchant au niveau du ventre. Le malheureux succombe le lendemain. La famille Bouquet est finalement maitrisée.

Le 16 mai 1857, la cour d’assises de la Marne condamne Antoine Bouquet et son épouse à la peine de mort pour tentative d’assassinat sur le président du tribunal d’Epernay. Cette dernière voit sa peine commuée à la réclusion criminelle à perpétuité par le même arrêt. Le fils Bouquet est condamné pour complicité de ces mêmes faits, et pour le meurtre du brigadier de police aux travaux forcés à perpétuité en colonie pénitentiaire de Guyane Française, où il trouve la mort le 25 février 1881 sur l’île du Salut.

Biographie

Corps

Corps d'encadrement et d'application

Type d'unité

Unité de Voie Publique - Service Général

Né le 10 septembre 1823 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) de Antoine (instituteur) et Christine Gérard.

Sources et références

Arch. Dép. de Meurthe-et-Moselle, 1923 N, acte 26
Arch. des condamnés aux bagnes coloniaux, registre matricules : H2132, Bouquet Louis Aimé, Guyane Française
Le Petit Courrier de Bar-sur-Seine, 3 juillet 1857, p.2/4
Le Petit Courrier de Bar-sur-Seine, 22 mai 1857, p.2/4

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